Le Sénégal et ses voisins : points d’entrée de la drogue en Afrique, selon un responsable de la CEDAO


saharamedia
Jeudi 6 Mai 2010



Le Sénégal, la Guinée Conakry, la Gambie, la Guinée Bissau et la Mauritanie sont les points d’entrée de la drogue en Afrique, affirme  l’envoyé spécial de la CEDEAO en Guinée Conakry, le général Lamine Cissé, dans un entretien avec l’Expresse.fr, repris par le quotidien sénégalais le Populaire. Cet officier général à la retraite, converti en diplomate avertia a assumé les charges de  chef d’état major général des forces armées, avant d’intégrer le gouvernement devenant le  dernier ministre de l’intérieur sous le régime du président Abdou Diouf. La zone couverte par ces 5 pays représente la brèche par laquelle les narcotrafiquants font passer leur marchandise, d’un genre bien particulier.La déclaration du général Lamine Cissé est une réponse à une interpellation portant sur les nouvelles menaces que représentent le trafic de drogue, et le terrorisme dans la bande sahélo saharienne. Ces états cités dans l’entretien sont également « des pays de consommation de drogue dur, pour certains, des producteurs ». Une drogue « qui, accompagnée d’autres trafics illicites » précise-t-il « parcourt toute la bande continentale jusqu’au Darfour, traverse la Méditerranée, pour se  retrouver l’Europe et aux  Etats-Unis ». Un circuit alambiqué et tortueux, bien dans la tradition de spécialité de contournement des narcotrafiquants, selon  de nombreux observateurs. Le général Cissé précise que ce phénomène n’est pas  l’apanage des 5 pays cités, car toute la Communautés des Etats Sahélo Saharien (CEN-SAD) « est touchée ». Alors une lutte efficace contre la pratique  suppose que cette organisation (CEN-SAD) soit mise en centre du dispositif. D’ou la nécessité d’une action  coordonnée entre la CEDEAO et la Communauté des Etats Sahélo Sahariens. Des organisations qui disposent  de plusieurs passerelles, car occupant un espace qui se recoupe,  avec notamment plusieurs états jouissant d’une double appartenance à l’une et à l’autre. Au cours des dernières années, d’importantes quantités de drogues (le bureau régional de l’ONU avance un chiffre de 40 tonnes) ont été saisies dans une sous région devenue une véritable  zone de transit par laquelle les cartels sud américains de cocaïne « dribblent » une surveillance de plus en plus étroite en Europe. Le mystérieux avion des environs  de Nouadhibou, la condamnation récente d’éléments (petits ou gros poissons) ici à Nouakchott,  l’affaire  d’Air Cocaïne au Nord Mali, les importantes saisies opérées sur la petite côte (80 kilomètres au Sud de Dakar)…. Le procès des narcotrafiquants  qui se déroule actuellement à Conakry, et plus grave le double  assassinat du président Vieira et du chef d’état Tagme Naway en Guinée Bissau (état sous l’emprise sanglante des méthode d’un milieu impitoyable)…sont autant  d’indices qui renvient à la réalité du phénomène dont parle le représentant de la CEDEAO en Guinée Conakry. Illustration parfaite  de la présence du trafic  phénomène qui n’est pas sporadique et passager, mais massif et permanent. Des intermédiaires  nationaux de plus en plus en plus importants et riches, qui blanchissent l’argent du trafic en faisant fleurir des villas comme de petits aux Almadies et autres quartiers chics de nos capitales. Le général Lamine Cissé a acquis  tout le prestige dont il jouit actuellement en organisant l’élection présidentielle de février- mars 2000, qui a abouti à l’alternance dans son pays. Dans un livre mémoire, écrit à la suite de cet événement, historique pour le Sénégal, la sous région et toute l’Afrique sous le titre « carnets secrets d’une alternance »  il se définit comme un produit parfait de l’intégration dans notre espace ouest africain. Il révèle ainsi   les  liens de sang et de religion  avec la Gambie, la Sierra Leone et la Mauritanie (Boutilimit- précision contenue dans le livre). Quoi de plus normal qu’un tel homme appelle à une action concertée pour lutter contre un phénomène de trafique de drogue dont les liens avec la nébuleuse terroriste d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) se développent au fil du temps. 

  

         















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