Le cadi de Tombouctou à Sahara média : « Les choses ont changé depuis l’arrivée des moudjahidines dans la ville »


saharamedia
Lundi 9 Juillet 2012



Le cheikh Mohamed El Houssein, cadi de la cité historique de Tombouctou, a déclaré que, pour qui connait la situation dans la ville il avant l’arrivée de ceux qu’il a qualifié de « moudjahidines », « se rendra compte des grands changements qu’elle a connue, notamment « le respect des préceptes de l’Islam ».

Le cadi a souligné, dans une interview exclusive accordée à Sahara média, « le manque de personnes qualifiées dans les sciences religieuses pour rendre la justice entre les gens », précisant qu’ils n’ont pas réussi « à ouvrir suffisamment de tribunaux pour permettre aux citoyens de ne pas devoir se déplacer pour venir au tribunal central», selon son expression.

 

Le cadi Cheikh Mohamed El Houssein a aussi indiqué que l’insuffisance « des ressources financières dont disposent les moudjahidines joue également en défaveur de la réalisation des objectifs visés ».

 

Il a déclaré qu’au moment où la ville était soumise à l’autorité centrale de Bamako, les jugements rendus par les cadis ne rencontraient pas d’égards ».

Il a ajouté que les jugements rendus aujourd’hui au nom d’Allah « ont maintenant une force capable de les appliquer et d’y contraindre les gens », ajoutant qu’il y a même « des personnes qui ne s’accordent pas avec les moudjahidines sur certains points mais qui n’acceptent plus que les jugements rendus au nom de la charia ».

Le cadi de Tombouctou a qualifié le gouvernement malien de « régime qui a été gangrené par la corruption, l’injustice, la dictature, l’exploitation des faibles et le favoritisme dont ne bénéficie que les forts », selon son expression.

Il a indiqué que le « conseil judiciaire à Tombouctou est l’une des structures mises en place par les moudjahidines d’Ançar Edine », ajoutant qu’il est « composé de personnes membres du mouvement et d’autres qui ne lui sont pas affiliées, du point de vue organisationnel, mais auxquels l’organisation a demandé une coopération dans l’intérêt général des populations ». Il a précisé que tous les musulmans « sont soumis à l’autorité de ses jugements, qu’ils soient membre de mouvements ou individualités ».

Il a affirmé que les autres mouvements qui se trouvent sur le territoire, mais qui ont des visions différentes de celle d’Ançar Edine « ne posent aucun problème, pour l’instant, en ce qui concerne l’application de la charia », précisant qu’au sein du mouvement d’Ançar Edine, ils traitent les gens comme ils le font avec tout le monde, puisque « le critère, dans tout jugement, ne tient qu’à ce que la charia d’Allah édicte, sans aucun regard ou égard à l’appartenance des gens ».

Le cadi Cheikh Mohamed El Houssein a poursuivi en disant que certains pays qui « brandissent des slogans islamiques et s’enorgueillissent de leur passé scientifique et culturel islamique, ont accepté d’être de l’autre côté où se trouvent les ennemis d’Allah », précisant que tous « œuvrent pour ternir l’image des moudjahidines et en éloigner les populations ». Pour cela, conclut le cadi de Tombouctou, « nous poursuivrons notre chemin, et ne cherchons pas à coopérer dans aucun domaine ».















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