Le déni de la CNDH, assoie la crédibilité de Biram


Saharamedias/Nouakchott
Mardi 22 Juillet 2014


Bien d’internautes discutent et se questionnent sur la montée fulgurante du leader de l’IRA, Biram Ould Abeid, sur la scène internationale. http://cridem.org/C_Info.php?article=658475.


Le déni de la CNDH, assoie la crédibilité de Biram
En 2013 il était devant l’Assemblée de l’ONU pour un prix; avant-hier devant l’Europe pour un autre; le jour après, principal sujet du discours de l’Ambassadrice des USA à l’ONU; et demain peut être devant le Congrès, avec tout le poids et le symbole que cette visite pourrait avoir.
Pour certains, c’est l’Occident, avec ses manœuvres toujours sournoises, qui est en arrière de cette crédibi-visibilité. Pour d’autres, se sont plutôt les discours racistes et les contre-vérités de Biram auprès des naïfs occidentaux qui en sont la cause.
Pour ma part, je dirais que c’est l’État mauritanien qui récolte aujourd’hui ce qu’il a semé, en terme de mauvaise politique en matière des Droits de l’Homme, et ce, depuis son indépendance.
En effet, depuis qu’elle a vu le jour, la République Islamique de Mauritanie ne fait que végéter dans le déni et l’aveuglement volontaire en la matière. L’exemple de l’IRA en est pathétique, voir pitoyable!
Tout le monde est unanime sur le fait qu’il existe un problème endémique de séquelles de l’esclavage en Mauritanie.
Le dernier en est le rapport du mois de juin 2014, de Mme Mutuma Ruteere, Rapporteur spécial de l’ONU. http://cridem.org/media/documents/Rapport_du_RS_sur_la_Discrimination.pdf
Rien y fait! Pour la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), l’organe officiel en la matière, la Mauritanie c’est le paradis sur terre et Biram et tous les autres ne sont en fait que des «charlatans», commerçants de la misère humaine!?
C’est ce genre de position qui a fait de la CNDH un organisme si peu crédible aux yeux de l’opinion publique internationale et qui a involontairement participé à l’émergence et au renforcement des militants des droits de l’Homme en Mauritanie, y compris les plus radicaux parmi eux.
Au lieu de les valoriser et de les récupérer au sein de son propre mécanisme, en l’associant à ses propres programmes, la CNDH est allée tout bonnement s’acharner contre eux devant les forums internationaux, comme si la Mauritanie n’est pas du monde terrestre, mais une des Républiques de la galaxie «Star Wars», et n’est habitée que par des Jadi.
Souvenons-nous du discours de la CNDH en opposition à l’attribution du Prix de l’ONU 2013 à Biram.
Sans même chercher de faire de cette récompense un «Prix pour la Mauritanie» ou encore un «clin d’œil pour l’émergence de sa conscience», lesquels lui auraient permis d’affronter les réfracteurs à l’intérieur du pays (et Dieu sait qu’ils sont nombreux), la CNDH a préféré, sans le vouloir, lever le rideau sur le jeu de sa propre tragi-comédie!
Je suis de ceux et celles qui croient que la Mauritanie doit comprendre aujourd’hui, une bonne fois pour toute, que la politique du déni et de l’aveuglement volontaire en matière des Droits de l’Homme est non seulement plus valable au 21ième siècle, mais aussi et surtout plus possible.
L’État mauritanien ne doit pas avoir honte de l’existence ou la persistance de certains problèmes viscéraux au sein de notre société, incluant le problème de l’esclavage, de castes et je ne sais autres séquelles.
Bien au contraire. Se sont ces problèmes qui sont à la base de son émergence, de sa raison d’être, de son utilité, en tant qu’État, et de son ambition d’assoir des institutions légitimes, modernes, décomplexées et dépouillées des pesanteurs socio-tribaux du passé.
Continuer à jouer à l’Autruche, en balayant sous le tapi des problèmes graves comme l’esclavagisme et le sectarisme, est à mon avis la plus grave erreur que notre État peut commettre.
Car, à un moment ou un autre, et où on s’attend le moins, ces problèmes finissent par exploser et avec eux la cohésion sociale dans sa dimension la plus large et la plus hétéroclite.
Il est donc urgent pour la Mauritanie de repenser son approche et surtout de renforcer ses structures et ses mécanismes de protection des Droits de l’Homme, en les dotant des ressources humaines crédibles et compétentes, capables de les affranchir de la culture de la domesticité.
Autrement, la Mauritanie restera pour plusieurs organisations internationales, dans les registres, peu enviables, des pays où on tolère ou on pratique l’insoutenable comportement.
 
Ramadan Karim à tous et toutes !
 
Maître Takioullah Eidda, avocat
Québec, Canada  














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