Le roi et ...ses trois épouses


saharamedia
Mardi 19 Juillet 2011



Le roi  et ...ses trois épouses

(Quand le dialogue est sous-tendu par un quelconque pacte l'on est en mesure d'éviter d'éventuels conflits.)

Ce conte personnifié rentre dans le cadre de dialogue et réconciliation dans des situations de conflit.)

 

Un roi avait trois épouses princesses qu'il adorait et jalousait à mort. Elles étaient toutes belles, jeunes et très riches. Le mari consacrait à chaque épouse deux jours de sa présence comme le veut la loi de la polygamie. Il traitait ses épouses au même pied d'égalité et jamais il n'intervenait dans leurs disputes. Il était surtout lié avec le père de chacune d’elles par un serment de fidélité, c’est à dire qu'il ne divorcerait aucune d'elles quoi qu'il arrive. Mais depuis un certain temps, ce roi ne vivait pas heureux car chaque jour ses femmes se disputaient, s’insultaient et souvent en venaient à des bagarres.

Le roi ne pouvait intervenir craignant d'en vexer une d'elles. Il était devenu méconnaissable et faisait grandement pitié. N'en pouvant plus supporter cela, il convoqua son peuple pour un grand conseil. Il ordonna que tout le monde s'y présente sans exception. Et quand tout le monde se présenta il leur dit :

-         Ecoutez, j'ai un grand problème ! Depuis presque deux lunes mes trois épouses se battent, se disputent ! Je ne peux pas les séparer et je ne veux non plus me séparer d'elles. Je les aime toutes ! Si parmi vous ici il y a une personne capable de résoudre ce problème je jure sur mon honneur de la récompenser par trois sacs pleins d'or et aussi par trois grands champs de mil. A ces phrases, le public poussa une grande exclamation car l'offre du roi était de taille.

-         Mais par contre, continua le roi si cette personne n'arrive pas à résoudre mon problème, je jure sur mon honneur de lui trancher la tête avec cette hache !

Cette fois, un grand silence se fit car le défit est encore beaucoup plus de taille. La peur et la tentation se lisaient à la fois sur le visage de chacun. Le roi passera donc toute la journée avec ses invités dans l'espoir de voir un candidat se déclarer. Une semaine puis deux passèrent et il n'y eut pas toujours de volontaire.

Parmi tout ce monde présent le roi avait constaté qu'il y avait un homme qui était assis à l'écart et qui ne semblait pas s'intéresser à l'appel. Le roi entra dans une grande colère et ordonna de faire venir l'homme belliqueux.

- `` C'est un fou, Seigneur ! C'est un fou ! répondit en chœur l'assistance.

- J'ai bien dit que mon appel concerne toute créature vivante sans exception et sans différence !'' rappela le roi.

En un temps record, le fou fut emballé comme de la paille et traîné devant le roi.

- ``Pourquoi donc ne participes tu pas à mon appel ?´´gronda le roi.

- ``C'est parce que tout le monde ici me traite de fou, Seigneur ! Et je ne le suis pas ! répondit calmement le fou de sa voix limpide. Il dira ensuite :

- ``Je suis dans cet état parce que j'ai perdu tous mes biens lors d'un incendie. Suite à cela toute ma famille m'a quitté !´´. A ces derniers mots tout le monde se mit à rire mais le fou restait indifférent de ces moqueries. Il s'approchera du roi et dira tout haut :

- ``Je suis capable de résoudre votre problème, Seigneur ! ´´. Le roi poussa une grande exclamation et d'une voix grelottante s’adressa au fou:

- `` je t'écoute ! Mais auparavant jure sur ton honneur que si tu ne réussis pas à résoudre mon problème que tu acceptes qu'on te tranche la tête ! Par contre, continua le roi, si tu réussis tu seras récompensé par ces trois sacs remplis d'or et par ces trois grands champs qui sont devant toi ! ´´.

Le fou accepta le pari. Il jura sur son honneur devant tout le public et ensuite s'approcha du roi:

- `` Ce que je vais vous dire est un grand secret et je veux que cela reste entre nous, Seigneur ! dit le fou. Le roi approuva et le fou s'approcha de lui pour chuchoter à son oreille. Quand il eut fini de murmurer son remède, le roi se leva et invita tout le monde de revenir au même lieu dans les deux semaines qui suivent pour donner le résultat du remède du fou.

Aussitôt retourné dans son palais, le roi se dirigea vers l'appartement de sa première qui attendait de pied ferme son mari pour se plaindre encore des ses deux coépouses. Sans mot dire, le roi ôta ses habits et s'étendit tranquillement sur le lit. En pleine nuit, alors que son épouse dormait profondément, il la réveilla doucement tout en donnant l'impression d'un pleureur.

- ``Mon Dieu, qu’est ce qui t'arrive ? Pourquoi tu pleures ?´´demanda sa première épouse toute surprise de l'état de son mari.

- ``C'est toi la cause ! répondit tristement le roi. Je ne peux pas supporter de te voir malheureuse ! Je t'aime beaucoup et je te préfère plus qu'aux autres épouses ! termina-t-il dans un demi sanglot. Le visage de sa femme s'illumina d'un éclair. Elle s'approcha du roi et lui prit tendrement sa main.

- « Pardonnes-moi ! Moi aussi je t'aime beaucoup et je ne veux pas te partager avec les autres », dit honteusement son épouse.

- Promets de garder secret ce que je viens de te dire et jures sur cette pièce d'or qu´à partir de ce moment tu ne te disputeras plus avec tes coépouses ! supplia le roi.

L’épouse toute heureuse jura solennellement sur la pièce et se jeta dans les bras de son mari. Tous les deux dormirent aux anges cette nuit.

Le lendemain, le roi se retira seul dans sa grande cour après une nuit de caresses. Cette fois, il n'entendait que les disputes et injures de la deuxième et de la troisième épouses. La première épouse quant à elle, elle était plutôt occupée à refaire joyeusement sa coiffure dans sa chambre.

Arriva ensuite le tour des deux jours de la deuxième épouse. Toujours égal à lui-même, le roi la salua modestement, se déshabilla et s'étendit sur le lit. Il attendit la pleine nuit pour réveiller la femme tout en donnant l'impression d'un malade.

- Mais qu'as-tu ? pourquoi pleures-tu ainsi ? demanda l'épouse toute surprise de voir son mari en larmes.

- C'est toi la cause ! répondit tristement le roi et presque en demi sanglot il avoua :

- Je ne peux pas supporter de te voir malheureuse ! Je t'aime beaucoup et je te préfère plus qu’aux épouses ! Du coup, le visage de sa femme s'illumina de bonheur. Elle ne croyait pas si bien entendre. Elle s'approcha du roi et lui pris tendrement sa main et dit :

- Moi aussi je t'aime tant ! Je ne veux pas te partager avec les autres femmes, avoua timidement sa deuxième épouse.

- Promets de garder secret ce que je viens de te dire et jures sur cette pièce d'or qu´à partir de ce moment tu ne te disputeras plus avec tes coépouses ! demanda le roi. L'épouse toute heureuse de se savoir la plus préférée jura solennellement sur la pièce et se jeta dans les bras de son mari. Le roi dormit comme un bébé après une nuit chaude d'amour et surtout convaincu que la deuxième épouse comme la première respectera sa promesse.

Il commençait à faire jour et le roi s'était déjà retiré seul dans sa grande salle. Tout était calme dans ce grand palais. On entendait seule la troisième femme provoquer par des injures ses deux autre coépouses lesquelles étaient plutôt occupées à se faire belles. La journée se passa presque tranquillement mais seule la troisième femme continuait à faire de grands bruits.

Et quand se fut son tour de deux jours, le roi adopta son même calme. Il salua poliment sa troisième épouse et donnant l'impression d'un fatigué et vint se coucher tranquillement sur le lit. Quand il se fit tard dans la nuit, pendant que sa troisième femme ronflait comme un chaton le roi la réveilla doucement.

-         Mon Dieu ! Qu'est ce qui t'arrive ? Pourquoi pleures-tu ? demanda avec insistance la troisième épouse à son mari qui avait les yeux tout en larmes.

`` C'est toi la cause ! répondit le roi en demi sanglot. Il avoua à son épouse :

- Je ne peux pas supporter de te voir malheureuse ! Je t'aime beaucoup et je te préfère plus qu'aux autres épouses ! Avoua-t-il à sa troisième épouse. Le visage de cette dernière s'éclaircit soudainement. Elle se jeta amoureusement dans les bras de son mari.

- Pardonnes-moi de te faire souffrir tant ! Je t'aime beaucoup et je ne veux pas te partager avec les autres femmes ! avoua aussi à son tour la troisième épouse.

- Promets de garder secret ce que je viens de te dire et jures sur cette pièce d'or qu´à partir de ce moment tu ne te disputeras plus avec tes autres coépouses ! L'épouse se hâta de jurer sur la pièce d'or toute heureuse de se savoir la plus aimée. Cette nuit aussi le roi dormira comme un bébé après de chaudes caresses et d’amour. Il était surtout convaincu de la sincérité de sa troisième femme.

Le jour se leva enfin mais cette fois-ci avec un sourire de calme et de bonheur. Tout est silencieux dans le palais. Seuls les oiseaux chantaient. Le roi qui s'était retiré seul dans sa cour observait secrètement ses trois belles épouses. Il les entendait chantonner joyeusement et il les voyait s'éviter poliment quand elles se promenaient dans le jardin le sourire aux lèvres. Ce jour-là se termina dans la paix et continuera ainsi pendant presque une semaine suivie d’une autre. Le roi était heureux. Il avait retrouvé le bonheur qu'il croyait avoir perdu.

Arriva enfin le jour du rendez vous fixé. La place était déjà remplie. Tout le monde attendait curieux et anxieux de connaître le résultat du remède du fou. Comme convenu, le roi se présenta à son tour et d'une voix chaude et gaie salua vivement les populations. Il demanda à faire venir le fou et les deux hommes qui gardaient la hache et les trois sacs remplis d'or. L'atmosphère était inquiétante et les visages étaient tendus. Un mystère total régnait sur le visage du roi et qui pourtant avait l'air calme. Quand le fou se présenta devant lui escorté de deux hommes qui tenaient la hache et les trois sacs remplis d'or le roi se leva majestueusement, s’approcha de lui et d'un geste de seigneur il lui prit le bras qu'il souleva hautement en signe de victoire. D'une voix royale le roi annonça au public :

-         Cette honorable personne a donné le vrai remède ! Il n'est pas fou ! C'est plutôt un sage qui vit parmi nous ! Termina le roi en félicitant grandement son sauveur. Il remit à son homme providentiel les trois sacs remplis d'or et les trois grands champs. Des hurlements de joie, des applaudissements envahirent la grande place. Le roi offrit une grande fête et y invita ses trois épouses toutes rayonnantes de beauté. La fête fut belle. Le roi riait de toutes ses dents blanches et le fou assis à côté de lui observait secrètement les trois coépouses.

La fête allait finir et le fou de s'adresser pour la dernière fois au roi avant de prendre congé :

- Seigneur, je vous remercie grandement ! Vous avez tenu parole !

«  Sachez cher ami que la noblesse d'une personne se traduit par la grandeur de ses actes ! Et respecter sa parole est aussi noble et aussi grande qu'une petite pièce d'or », répondit le roi, souriant les yeux en direction de ses trois épouses qui écoutaient religieusement.

Ce récit est un message dédié à nos rois et autres dirigeants.

 

                                                       Fin

Oumar Sow

 















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