Les ONG de développement au cœur de la lutte contre le terrorisme


saharamedia
Lundi 1 Novembre 2010



Les ONG  de développement au cœur de la lutte contre le terrorisme

Cinq jours durant, un débat national, à l’initiative du Président de la République et sous la supervision de cinq départements (la Défense, l’Intérieur, les Affaires Islamiques, la Justice et la Communication) en plus de l’Université de Nouakchott, des fukahas, d’éminents juristes, économistes, sociologues ont débattu de la problématique terrorisme et extrémisme et, surtout, du rôle des partis politiques et de la Société civile dans cette lutte.

Le débat a regroupé tout le gotha religieux par la participation d’éminents érudits, dans les domaines de la cheriaa et de la jurisprudence de l’Islam, des intellectuels et des politiques à travers des partis (de la Majorité et de l’Opposition) ainsi que des personnalités indépendantes.

 


 

Les débats sur le terrorisme et l’extrémisme, ont abouti à des conclusions quasi consensuelles sur la problématique posée et, notamment, à faire le diagnostic du phénomène et de ses causes ainsi que les solutions préconisées.

Les causes : l’émergence d’obédiences néo kharijites étrangères au rite malékite qui, lui, tire ses fondements de l’Islam orthodoxe qui favorise l’égalité, la justice, l’amour et la défense de la patrie au détriment du mercenariat, du banditisme et de la délinquance, sous toutes ses formes ,l’aventurisme et le lucre.

Les jeunes recrues, au passé sombre, sans ancrage familial ferme, mal encadrés spirituellement et issus de milieux pauvres, sont récupérés par une idéologie émergente encore difficile à cerner mais demeure violente et dangereuse et pouvant mettre la sécurité et le développent du pays en danger.

Un système d’enseignement inadéquat qui, au bout du compte, contribue à former des chômeurs potentiels en raison de l’inadéquation entre la formation et les besoins du marché  et qui risque d’alimenter dans le futur cet extrémisme, prélude au terrorisme lui-même.

L’absence de justice sociale et l’extrême pauvreté des populations sont des prétextes objectifs pour faciliter le recrutement des jeunes auprès de ces bandes armées, spécialistes de la récupération et de la transformation des esprits au travers du lavage rapide des cerveaux et d’assimilations de théories fondées sur des concepts erronés faussement rattachés au Livre saint et à la sunna.

Ce qui fait de cette jeunesse innocente des torchons virtuels prêts à brûler. L’oisiveté et le chômage viennent alimenter ce désespoir incontrôlé pour faire de cette majorité active et dynamique un réservoir de récupération qui, s’il n’est pas préservé, risque de mettre la sécurité du pays et de la sous région en danger.

Les solutions  sont des réponses immédiates : .instauration de réformes d’une éducation plus adéquate qui cadre avec notre sainte religion, et notre patrimoine culturel prestigieux et millénaire.

La sensibilisation accrue  des populations, et  particulièrement les jeunes, sur le danger de l’extrémisme et du terrorisme occurrents et sur la citoyenneté, absente des programmes éducatifs, et qu’il faudra ancrer aux programmes d’enseignement. Initier des programmes de sensibilisation sur les questions nationales cruciales par le truchement des débats animés par la société civile, les partis politiques, les Imams,  jurisconsultes, les ONG à travers les mosquées, les clubs et cercles culturels, les médias, les conférences et les tables rondes.

La mise en place de programmes pertinents de développement durable pour résorber le chômage  des jeunes et accélérer ainsi le processus de développent économique et social à l’échelle du pays, tout en restaurant la justice sociale, condition sine qua non de la stabilité et de la paix.

Une grande opinion réclame le service militaire et le recrutement en masse des jeunes au sein des armées et des forces de sécurité.

 

Naturellement les ONG nationales, par leur présence sur la scène sont incontournables dans la démarche de lutte et la sauvegarde de l’unité nationale. De ce fait, leur participation au processus est fondamentale.

En conséquence, le renforcement de la démocratie constitue une alternative incontournable pour ancrer le débat national sur la problématique dans la transparence et l’unité.

Mais il faudra que ce débat national soit continu selon une fréquence notable sans relâchement et qu’il regroupe tous les acteurs ; car le débat sincère est le moyen privilégié pour le règlement des questions nationales vitales. En outre, il renforce la confiance entre les populations et les gouvernants. Ce débat a été transparent avec le témoignage de tout le monde et il a été transmis intégralement aux Mauritaniens et aux autres pays voisins concernés et au monde entier par la radio, la télévision et la presse nationale et internationale. L’expérience fut donc positive et encourageante.

Mais toute cette stratégie, aussi globale soit-elle, ne peut fonctionner adéquatement sans la participation et l’implication réelle de la Société Civile et particulièrement celle  des ONG de développement pour les raisons suivantes :

Elles couvrent le champ spatial à travers des actions  socio économiques, conservent des rapports étroits et durables avec les populations, rapports fondés  sur une réelle confiance, détiennent une somme monumentale de données socio humaines, cernent une grande quantité de  problèmes et des priorités des populations dans des terroirs enclavés, ont des rapports constants avec des milliers de jeunes et de femmes notamment. Elles ont des expériences consignées dans les domaines de l’alphabétisation de la formation socio professionnelle et l’encadrement. Enfin, par leurs relations privilégiées avec des partenaires nationaux et mondiaux, elles peuvent contribuer à la dynamique de lutte et l’instauration de la paix.

En conséquence, les ONG de développent privilégient la consultation et l’implication à la dynamique de lutte contre le terrorisme par une réelle intégration aux politiques de développement du pays par l’entremise de la reconnaissance et de l’appui.

Quand les autorités le voudraient, en dehors de tout esprit de supériorité inopportun et de négligence préméditée, elles pourraient alors jouer un rôle déterminant dans cette guerre sans merci contre le banditisme, le brigandage et la terreur.

Enfin, nous nous félicitons grandement  de cette initiative et remercions de tout cœur ses initiateurs ainsi que les départements qui n’ont rien épargné pour en garantir la réussite.

Source Journal Chemsiyatt

BOUMOUZOUNA















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