Les forces politiques en Mauritanie jugent le changement intervenu en Tunisie


saharamedia
Samedi 15 Janvier 2011



Les forces politiques en Mauritanie jugent le changement intervenu en Tunisie

Le député de l’opposition Mohamed Moustapha Ould Bedredine a mis en garde les gouvernants arabes contre le sort du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, considérant que d’autres « pays arabes connaîtront la même intifada dans un avenir proche, s’il n’ y a pas d’issue aux problèmes qui se posent actuellement », selon son expression.

Ould Bedredine a, dans un entretien avec Sahara média, justifié ce qu’il a qualifié d’Intifada tunisienne par le fait que les « conséquences de la chute du mur de Berlin, et ce qui s’en est suivi comme secousses, et parfois même des crises, n’a pas atteint le monde arabe avant ce qui vient d’arriver en Tunisie, tout comme les répercussions de la crise économique mondiale ».

 

Et Ould Bedredine d’ajouter : « La recrudescence du chômage et la flambée des prix et la tendance à bâillonner les cris de protestation sont des choses qui ne peuvent plus être tolérées et il est dans l’intérêt de nos gouvernants de tirer la leçon du cas de la Tunisie avant de perdre tout, et de se rappeler que la volonté des peuples ne peut pas être défaite ».

 

 

Dans le même cadre, la responsable de la communication du Rassemblement des forces démocratiques (Rfd), Mouna Mint Dey, a déclaré que « personne ne peut se dresser devant le peuple quand celui-ci s’unit pour imposer ses droits », ajoutant que le président « Mohamed Ould Abdel Aziz doit se convaincre qu’aucun régime ne peut venir à bout de la colère des populations quand elles décident de bouger », selon son expression. Elle a ainsi rappeler au président Ould Abdel Aziz qu’aucun règne n’est infini et que tout est soumis aux contingences du temps, ajoutant que « tous les militants du Rfd, et même tout mauritanien voudrait aujourd’hui être tunisien, et se sent fier de ce qu’a réalisé la révolution pour la dignité et la vérité en Tunisie qui, aujourd’hui, est vraiment verte », selon ses propos.

De l’autre côté, Saleh Ould Dehmache, cadre de l’UPR, parti au pouvoir en Mauritanie, trouve qu’il n’ y a « pas de comparaison possible entre la situation actuelle en Tunisie et celle de la Mauritanie puisque le président Mohamed Ould Abdel Aziz a mené un mouvement de réforme globale contre ce qui a été détruit par l’ancien régime ». Et Ould Dehmache de poursuivre : « La situation économique et sociale en Tunisie a atteint un point de non retour, parallèlement à une répression des libertés ayant conduit à l’arrestation d’hommes politiques et de leaders d’opinion, alors que dans notre pays nos prisons sont vides de tout homme emprisonné pour ses seules idées, l’action du gouvernement est transparente et accorde une attention particulière aux problèmes des couches défavorisées », selon son expression.

Il a aussi indiqué que la majorité du peuple mauritanien « a soutenu le mouvement de rectification, au début, et a voté en faveur du président Ould Abdel Aziz », ajoutant que « toutes les forces politiques mauritaniennes est impliqué dans le processus démocratique, prend les positions qu’elles veulent et personne n’a été arrêté ou inquiété pour ses opinions, comme en témoigne la liberté de la presse, et c’est cela qui constitue une soupape de sécurité pour notre démocratie ». Et Ould Dehmache de conclure son propos tenu à Sahara média en disant : « personne ne peut nier les répercussions du marché mondial sur la Mauritanie mais il sera impossible aussi de laisser libre cours à la surenchère ou de chercher à travestir la réalité, en niant ce qui a été réalisé, dans le domaine du développement, avec les moyens propres de l’Etat ».

Le président du parti « Sawab », Abdassalam  Ould Horma a, quant à lui, qualifié ce qui vient d’arriver en Tunisie de « révolution populaire sans précédent dans l’histoire du monde arabe », ajoutant « nous souhaitons qu’elle gagne tous les autres pays, parce que leur changement est recherché et, est arrivé non pas à dos de chars et épaulé par des puissances occidentales qui ne cherchent aucunement l’intérêt des arabes et des musulmans », selon son expression. 















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