Les islamistes mauritaniens « suivront-ils le mouvement » ?


saharamedia
Vendredi 6 Janvier 2012



La vague islamiste déferlante en Tunisie, au Maroc, en Egypte et en Libye commence à donner des idées aux islamistes mauritaniens qui se posent cette question : « pourquoi pas nous, ici et maintenant » ?

Il est vrai que c’est quand même en jouant sur cette sorte de « lieu (lien ?) commun » entre l’arrivée des islamistes au pouvoir (par la voie des urnes), en Tunisie et au Maroc, par la voie des armes (en Libye) ou par la pression de la rue conjuguée au suffrage universel (comme cela est en train de se réaliser en Egypte) que les Occidentaux cherchent à faire peur à leur opinion publique sur les risques d’un péril islamiste aux contours encore flous.

 

Certes, la démocratie a joué mais l’on ne semble pas prêt d’oublier que ce sont les mêmes mécanismes empruntés à l’Occident chrétien qui ont permis aux islamistes du FIS algérien de remporter les élections de 1990 et de pousser les autorités algériennes de remettre en cause des principes de démocratie pourtant réputés « bons » pour tous. C’est le même phénomène qui poussera également le Fatah et les USA à refuser sa victoire au Hamas « dépossédé » de facto de son pouvoir exécutif dans une situation singulière de refus de la démocratie.

 

Toutes ces situations ont pu pousser les islamistes mauritaniens à chercher, depuis quelques semaines, à faire comme « les frères » ! Et, dans ce cadre, tous les observateurs ont noté que la mobilisation bat son plein à Nouakchott pour, peut-être, devenir le fer de lance d’une action de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) visant à pousser le pouvoir dans ses derniers retranchements. Et à commettre l’erreur qu’il ne faut pas.

Cette stratégie consiste à provoquer des mouvements de protestation comme cela arrive chaque jour encore en Egypte, au Yémen et, dans une moindre mesure, en Tunisie et au Maroc. On sait que les pouvoirs ont maintenant les mains « liées » par une clause non écrite : ne pas tirer sur les foules ! Laisser les populations manifester leur ras-le-bol, leur frustration face à une situation qui se dégrade de jour en jour.

Certes, c’est loin d’être le cas au Yémen et en Syrie où les présidents Ali Abdalla Saleh et Bachar Al-Assad tentent encore de maintenir la barre, mais les pouvoirs sanguinaires ne peuvent plus tenir le cap à une époque où la solidarité universelle joue en faveur des faibles et des opprimés. Dans une sorte de quitte ou double, ces deux présidents « résistent » encore, ne voulant partir que quand leurs pays deviennent un tas de décombre et de sépultures.

Ici en Mauritanie, l’on n’envisage certainement pas d’aller aussi loin. Les manifestations de rue tournent rarement à des accrochages où il peut y avoir mort d’hommes. C’est l’amour de Dieu et de soi qui dicte de telles attitudes mais l’on n’est pas sûr qu’il en soit toujours ainsi quand le gouvernement choisit la fuite en avant comme solution aux problèmes qui accablent les citoyens.

Sneiba Mohamed

 

 















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