Les ressources minières, gage de notre décollage économique


saharamedia
Dimanche 21 Novembre 2010



Les ressources minières, gage de notre décollage économique

La conférence internationale sur les mines, tenue à  Nouakchott  début novembre et qui a regroupé 400 participants et une cinquantaine de sociétés d’exploitation de minerais,  a prouvé, par le nombre et la qualité des communications ainsi que la richesse des débats, que la Mauritanie occupe aujourd’hui une place sans égale, et toute proportion gardée, dans le concert des nations minières.

La preuve que la rencontre à laquelle les médias nationaux et internationaux et notamment les journaux économiques a donné naissance à des transactions importantes dont le rachat de la société Sphère par l'entreprise Exstrata, 4ème mondial des mines qui investira désormais 6 milliards de dollars US en vue de porter à 50 millions de tonnes la production de fer dans la région de Zouerate, ce qui constitue une ambition à court terme, a révélé le ministre des mines.

La deuxième transaction conclue à l’issue de la conférence internationale de Nouakchott, concerne l’investissement par la société Kinross, quatrième rang mondial dans la production de l’or de  1,5 milliards de dollars en Mauritanie  pour porter la production annuelle de la société Tasiast Mauritanie Limited qui deviendrait l’une des plus grandes sociétés minières d'Afrique, selon nos experts.

Les retombées attendues de cette exploitation ont été appréciées par le Ministre des mines autant que par l’ensemble des acteurs impliqués dans le domaine par d’importantes entrées en devises pour l'Etat et la création d’emplois considérables à même de résorber une part importante du chômage qui prévaut au sein des diplômés sans travail et dont le nombre augmente malheureusement chaque année.

Mais ce potentiel minier considérable qui attise les appétits et nous fait saliver suffit-il à lui seul ? N’oublions pas que durant une cinquantaine d’années, nous avions exploité l’une des mines de fer des plus importantes  et des plus riches au monde et   de l’or à foison ,à ciel ouvert sans que cela n’eut un impact  solvable sur notre développement et le bien-être des populations restées extrêmement pauvres et notre arriération et ce malgré que nous n’étions qu’une poignée de 1 à 3 millions d’habitants, soit comme le disait Mao Tsé Tong à feu Moktar Ould Daddah aux années soixante, qui se plaignait du chômage en Mauritanie (quelques milliers à l’époque) que toute la population mauritanienne ne représentait que l’effectif de quelques coopératives périphériques de Pékin ! Pour dire que tout ce pactole en un demi-siècle aurait dû nous nourrir, nous éduquer, nous soigner et nous épanouir. Que non ! Et pourquoi ? Parce que tout ou presque n’allait pas bien. A notre humble avis et pour réaliser le rêve du décollage et le bien-être social, il faudra continuer l’exploration de nos minerais valeureux, réaliser des études transparentes par nos propres cadres ou en collaboration avec des partenaires solvables, former des cadres compétents en le domaine en quantité et en qualité suffisante et réformer en conséquence notre système d’enseignement dans son ensemble pour ne pas former que des chômeurs potentiels. Mais surtout, planifier pour la mise en valeur de ce pays tout compte fait gâté par la nature au moins sur ce plan et pour les générations futures, à l’exemple des pays scandinaves qui investissent méthodiquement pour le présent et qui épargnent pour les générations futures.

En effet, cette manne devrait servir pour réaliser une véritable révolution économique au plan de l’agriculture, de l’élevage, de l’éducation, de la santé et des grandes infrastructures de base, l’industrie de transformation des minerais pour en augmenter la valeur ajoutée ainsi que  des axes routiers charnières pour assouplir les communications  intérieures et relier les pays voisins.

Ceci ne peut se réaliser sans la formation de cadres experts, l’implication de ressources humaines probes et qui n’oeuvrent pas pour mettre à nu notre sol pour en remplir les poches ou pour le banaliser comme par le passé par des pots de vins et l’illusion des faux chiffres.

Il faudra savoir également que le développement ne peut se réaliser sans la concorde, la paix sociale, la stabilité politique, la symbiose culturelle et la sécurité. Or nous sommes à présent les champions du monde des  fausses contradictions culturelles régionales politiques d’obédiences religieuses qui versent maintenant dans ce que vous savez et qui s’appellent extrémisme et ses conséquences attristantes nommées insécurité, terrorisme qui avalent à présent, pour sauvegarder l’intégrité territoriales des sommes faramineuses pouvant assurer, à elles seules, la lutte contre la pauvreté.

Dans ce contexte, nos politiques peuvent-ils accepter éternellement des positions controversées au moment où nous devons tous tirer des leçons du passé pour ne pas nous éterniser dans un état de délabrement pitoyable que bien des pays de la région ont dépassé avec de moyens tout compte fait fort modestes.

Nos valeureuses populations méritent plus que cela. Elles devraient profiter de la richesse de leur sol et sous sol. Désormais ceux qui se remplissent les poches en se pavanant devraient être jugés pour leur forfaiture car ce peuple est à la fois généreux, courageux et imaginatif et il est capable de réaliser des miracles pourvu qu’on lui en offre l’opportunité. Tenez l’exemple de la Miferma (Mines de fer de Mauritanie) aux années soixante, qui a commencé au plan national avec un personnel de bergers et d’analphabètes, encadrés par des cadres européens, et qui, après sa nationalisation, deviendra la SNIM avec un cadre et emploi exclusivement national et dont l’immense majorité du personnel était formé sur le tas, grâce justement à cette ferveur et cette intelligence incroyables qui avaient séduit les étrangers. Naturellement, les cadres dirigeants à l’époque furent des plus nationalistes et des plus probes et démontrèrent leur compétence à l’échelle du partenariat mondial. Et pourquoi  ne pas le refaire mais avec des compétences formées dans nos universités et nos instituts techniques à instaurer dès maintenant. C’est ce qui prouve aussi que sans impliquer les populations elles mêmes dans l’élaboration et l’exécution des programmes de développement local par le truchement des Organisations Nationales Non Gouvernementales, qui ont fait preuve de leur dynamisme ici et ailleurs, le décollage économique sera boiteux et cette manne financière tant attendue n’aura qu’un effet pervers comme on le voit dans d’autre pays ou le pétrole ruisselle à gogo, le diamant et l’or foisonnent, ne générant que génocide et guerre civile. Alors politiciens éclairés, cadres au col blanc, économistes et experts brillants ne ratez pas, à l’issue de 50 ans de tâtonnement le rendez vous du développement et de la prospérité.

Source Journal Chemsiyatt

BOUMOUZOUNA















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