Lettre ouverte : Les entreprises mauritaniennes de manutention menacées


saharamedia
Mercredi 9 Mars 2011



Depuis quelque temps une rumeur circule selon laquelle une bataille sourde entre une société étrangère (MEARSK) et des entreprises nationales (MTM, VOTRA, SOGECO, TRANSMA, SMPN et SAMMA) qui    s’étaient organisées en 1990, en une Société d’Equipements Portuaires (SEP) à la faveur de la concession de la manutention du Port Autonome de Nouakchott (PANPA).

Les entreprises disposant d’agrément, s’étaient donc ainsi regroupées pour acheter un matériel onéreux, notamment, des grues dont certaines coutent des centaines de millions d’ouguiyas.

Depuis lors, la SEP s’est convenablement occupée de la manutention accordée par concession sur la base d’un cahier de charges signé avec le PANPA.

Il s’agit d’une gestion privée d’un service public, effectuée dans le respect de certaines conditions : (prix, qualité).

Il n’y a jamais eu de défaillances de la part de la SEP depuis 1990 jusqu’en 2011. Le cahier de charges est respecté. Les tarifs sont appliqués au même titre, tant, pour les actionnaires qu’aux clients.

Toutes les marchandises qui débarquent au PANPA ont toujours été déchargées convenablement et un plan d’investissement était établi chaque année.

Mais qu’à cela ne tienne. La société MEARSK a ses propres objectifs : reprendre le monopole auquel l’Etat avait renoncé au profit de sociétés de manutention qui se sont regroupées à l’époque dans une société d’outillages pour éviter que chacune d’entre elle n’aura à investir lourdement pour les mêmes équipements.

Il faut rappeler à ce titre la campagne menée des operateurs présentant la SEP comme monopolistique, alors que cette dernière avait seulement demandé aux opérateurs désirant y adhérer d’acquérir des actions à leur valeur actualisée.

Ces opérateurs voulaient acquérir des actions au prix de celles-ci en 1990. Il y a 20 ans de cela !!!

 Mais c’est le cas de MAERSK-Mauritanie lui est nettement plus grave. La filiale mauritanienne de MAERSK (une multinationale Danoise) avait rejoint la SEP grâce à  des actions d’une société mauritanienne ayant cessé d’exister.

 Les entreprises mauritaniennes qui ont accueilli MAERSK-Mauritanie au sein de la SEP ne pouvaient imaginer que cette dernière allait un jour œuvrer à les phagocyter, et leur livrer une concurrence déloyale.

 D’abord en s’accaparant de 60% du trafic des conteneurs, objet de la manutention terre et qui représente 35% du trafic global du PANPA; le reste du trafic du PANPA (75%) ne fait pas l’objet de manutention. Ensuite en quittant la SEP et en fournissant ses services avec un matériel propre. Il est clair que l’objectif visé n’est autre que celui de tuer la SEP et l’expertise nationale dans ce secteur.

Pourtant dans les faits, MAERSK-Mauritanie n’a pas fait baisser les tarifs malgré les promesses faites en ce sens. Elle n’a fait qu’aligner ses prix sur ceux de la SEP notamment pour les conteneurs 20 et 40 pieds.

 Aujourd’hui nous sommes dans une situation quasi monopolistique à la faveur de MAERSK-Mauritanie. Situation que la SEP avait refusé en fixant des conditions pour l’acquisition de ses actions et en acceptant en son sein une entreprise étrangère.

Les entreprises mauritaniennes de manutention se retrouvent ainsi sérieusement menacées par «un cheval de Troie» et risquent de mettre la clé sous paillasson.

 

Ibrahima Aly Diop















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