MALI : Grèves des enseignants, le mouvement se généralise


saharamedia
Vendredi 14 Mai 2010



MALI : Grèves des enseignants, le mouvement se généralise

Depuis près de trois mois, les cours sont suspendues à l’université et dans les grandes écoles, à la suite d’un mot d’ordre de grève illimitée décrétée par le Syndicat national de l’enseignement supérieur. Pour ne rien arranger, la contagion a gagné les enseignants d’autres ordres d’enseignement regroupés au sein de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses), de la Fédération de l’éducation nationale (Fen) et de la Fédération nationale de l’éducation, des sports, des arts, de la recherche et de la culture (Fenarec).

 

Ces derniers observent depuis mardi un débrayage de cinq jours. La plupart des établissements de tous les ordres d’enseignement de la capitale sont paralysés. Dans l’enseignement fondamental, aucun cours n’a été délivré dans les groupes scolaires de Sabalibougou et de Kalaban coura. "La grève a été suivie à 100 %. Toutes les classes sont fermées", confirme Drissa Koné, le coordinateur du groupe scolaire de Sabalibougou. A Kalaban coura, seuls quelques enseignants du second cycle affiliés au Snec ont fait classe. "99 % de nos enseignants ont observé le mouvement.

Tout est quasiment arrêté", s’attriste le coordinateur de l’établissement, Diakaridia Samaké. Dans le secondaire, les lycées Askia Mohamed, Ba Aminata Diallo, Technique et l’Ecica étaient quasiment déserts. Seuls les responsables scolaires étaient à leur poste. Au Lycée technique et à l’Ecica, fiefs du Coses, les classes étaient fermées à notre passage comme en période de vacances.

Le directeur du Lycée technique, Mamadou Kéïta, a déploré un débrayage qui est en train de compromettre l’école. A l’échelon supérieur, pas de cours non plus à la FMPOS, à l’ENSUP ou à la FJSP. "Il n’y a pas de cours et nous n’avons aucune information sur l’état des négociations. C’est un grand retard pour mon école qui était en avance sur l’année scolaire. Les étudiants avaient quasiment terminé avec le premier semestre et l’établissement était bien parti pour une année scolaire normale. Maintenant cela est peine perdue avec la grève", commente le doyen de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odonto-stomatologie, Anatole Tounkara.

"Même si les cours reprenaient en mai, il faudrait carburer double pour épuiser les programmes, organiser les examens et préparer la nouvelle année scolaire", avertit-il. Le directeur de l’Ensup, Bouba Diarra, regrette lui aussi cette grève qui n’a que trop duré. L’Ensup a organisé avec un peu de retard ses examens d’entrée. Les nouveaux élèves n’ont pas reçu de cours depuis le début de l’année. La situation à la FSEG ressemble à celle de la FMPOS, confirme son secrétaire principal, Mounine Traoré. La différence ici est que des enseignants de la diaspora y donnent des cours aux étudiants dans le cadre du projet Tokten financé par la France, l’Union européenne, le Pnud et le gouvernement. L’objectif du projet est de faire participer la diaspora à l’enseignement mais, seule, cette dernière va bientôt se sentir bien inutile.

Baye Coulibaly ESSOR

 















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