Manutention: Une Multinationale veut écraser des Entreprises Nationales


saharamedia
Mardi 5 Avril 2011



La filiale mauritanienne du géant Danois du transport maritime «Maersk» est en train de pousser à la faillite, les manutentionnaires nationaux regroupés au sein de la Société d’Equipements Portuaires (SEP) dont Maersk est pourtant actionnaire.

Après avoir contrôlé plus de 60% du trafic des conteneurs du Port Autonome de Nouakchott (PANPA), Maersk-Mauritanie veut quitter la SEP, suite à l’obtention de l’autorisation d’assurer sa manutention avec ses propres engins.

Une autorisation qui lui ouvre la voie au contrôle de l’ensemble de l’Activité au détriment des manutentionnaires nationaux (MTM, VOTRA, SOGECO, TRANSMA, SMPN et SAMMA) rassemblés au sein de

la SEP depuis les années 90 et assurant une gestion privée de ce service public en synergie et sans défaillances.

Les plus hautes autorités du pays mesurent-elles les risques liés à l’autorisation accordée à Maersk-Mauritanie par le Ministère de l’Equipement ? Autorisation qui est en contradiction avec la politique affichée par l’Etat qui donne la priorité aux capacités nationales et à la lutte contre le chômage.

A-t-on suffisamment pris en compte des notions comme l’intérêt national, le soutien aux entreprises nationales, la protection du savoir-faire, de l’emploi et de la souveraineté des Mauritaniens?

Qu’adviendra-t-il de la SEP, de ses centaines d’employés et de ses matériaux chèrement acquis?

Serait-ce le retour au monopole, mais cette fois-ci, au profit d’une partie étrangère, laquelle pourra fixer ses prix et placer à sa merci,  la desserte du PANPA? En effet, l’exercice de la manutention par Maersk-Mauritanie va la placer dans une position dominante par rapport aux autres armateurs. Autant le dire, ces préoccupations semblent pour le moment négligées.

Les manutentionnaires nationaux n’ont pas trouvé dit-on, une oreille attentive auprès du Ministère de l’Equipement qui ne s’offusquerait donc outre mesure, de voir le dragon scandinave croquer notre cheptel.

Il existe pourtant des solutions qui ouvrent le marché aux investisseurs tout en garantissant aussi bien les intérêts des étrangers que ceux des nationaux, dans le contexte du PANPA où le volume du trafic des conteneurs ne permet guère la coexistence de deux parcs de manutention.

C’est ce qui explique la mise en commun des parcs au sein de la SEP, laquelle, a toujours profité à Maersk-Mauritanie.

Mais au nom d’on ne sait quel «impérialisme maritime» et sous l’impulsion de sa maison mère, Maersk-Mauritanie qui viole le Code de commerce en déclarant un capital de 15 Millions d’UM, veut s’accaparer du PANPA, privilégier ses propres clients qui paieront directement le fret et la manutention terre, à Copenhague.

En œuvrant de la sorte Maersk Mauritanie livre une concurrence déloyale à la SEP à laquelle elle avait librement adhéré et fait fi des dispositions statutaires qui interdisent aux actionnaires de mener des activités concurrentes.

Et au delà des relents hégémoniques, il y a aussi les dispositions de la Loi 95009 qui auront été piétinées.

Ses dispositions ne réservent-elles pas l’exercice des professions maritimes comme les manutentionnaires seulement aux étrangers accordant la réciprocité ? Ce qui n’est pas le cas du Danemark !

Mais qu’à cela ne tienne ! Grace à l’autorisation du ministère de l’Equipement et au nom du «libre exercice», une société étrangère qui n’a réalisé aucun investissement va se substituer aux sociétés nationales et les entrainer vers une faillite certaine.

Une perspective qui ne doit pas laisser indifférents parceque’elle fera de nos entreprises de manutention, des parias dans leur propre Pays.

Sy Seydou Adama

Expert maritime















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