Mauritanie : Le climat social se corse


saharamedia
Jeudi 6 Mai 2010



Après les travailleurs de la fonction publique, voici les dockers du marché Errizgh qui menacent d’aller en grève… Et après les dockers ? Le risque est toujours là, grandissant. Une mauvaise saison sociale s’annonce. Un dangereux jeu de dominos est en train de s’installer dans notre pays.

Face à cela, en guise de réaction, les pouvoirs publics semblent avoir arrêté la même et immuable résolution : ‘pas de dialogue et forte répression’, au cas les travailleurs persistent dans leur mouvement de grève. Une réponse absurde et porteuse de violence et de nuisibles complications de conflits sociaux au départ très gérables et qui, en l’absence d’esprit d’ouverture, se transforment facilement en bombes indéminables. Qu’est-ce que cherchent les dockers ? Ils cherchent tout simplement à améliorer leurs conditions de travail, une plus forte rémunération à la tonne et la mise en place d’une convention collective qui protège leur droit contre leurs employeurs et leurs concurrents étrangers … Qu’elles soient excessives ou raisonnables, ces revendications doivent faire, logiquement, l’objet de négociations entre les commerçants et les dockers. Le rôle de l’Etat est justement de provoquer et même d’exiger que les deux parties se parlent entre elles, discutent directement. Et qu’elles cherchent en commun, comme le veut le bon sens et l’exige la réglementation du travail, pour trouver à leur litige une solution à l’amiable… bien avant que l’on engage, de part et d’autre, les actions de protestation ou de répression…

Dans le cas des dockers, on semble avoir inversé la logique. Les autorités refusent, sans le dire ouvertement, de traiter ce dossier selon les normes qu’exige la législation du travail. Alors pour quelles raisons s’obstinent-elles dans cette logique de blocage et de confrontation ? Difficiles à trouver de raisons objectives pour cela. Seulement, l’incompétence et la bêtise !

Il y a lieu cependant de savoir que la population des dockers, dans tous les pays du monde, est généralement violente, parce que peu instruite. Sa colère se transforme souvent en émeutes violentes. Une perspective qui n’arrangerait personne et qui fait peser de réels risques sur la paix sociale. Opposer la méthode forte à ce mouvement, le réprimer peut le calmer momentanément, mais ne réussira jamais à l’éradiquer. Le danger est qu’il risque de réapparaître et de manière plus violente, pour la simple raison qu’il est l’expression brute ou même abrupte de problèmes réels qui exigent un traitement posé, raisonnable et consensuel.

Editorial de Biladi n° 501

 















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