Mauritanie : Le passeport, cette épée de Damoclès


Nouakchott - Saharamédias
Jeudi 21 Septembre 2017



Mauritanie :  Le passeport, cette épée de Damoclès
 
Plusieurs mauritaniens ont été empêchés ces dernières années de renouveler leurs passeports, les autorités invoquant des raisons techniques, alors que d’autres y voient des décisions politiques destinées à entraver des opposants au pouvoir, les documents officiels étant devenus un moyen de pression politique selon eux.

Ce problème est revenu de nouveau au devant de la scène ces derniers jours quand les autorités ont refusé le renouvellement du passeport de l’opposant islamiste qui réside au Qatar, Mohamed El Moctar Chinguitty et quelques membres de sa famille.

D’autres opposants avaient été empêchés de renouveler leurs documents de voyage, notamment l’homme d’affaires exilé El Moustapha O. Limam Chafi, alors que d’autres personnalités politiques ou religieuses ont vu leurs passeports diplomatiques tout simplement confisqués à cause de leurs positions politiques.
 

Mauritanie :  Le passeport, cette épée de Damoclès
La pression diplomatique

Les mêmes sources évoquent un moyen de pression avec le passeport diplomatique ces dernières années de la part du régime sur certaines personnalités dont l’érudit Mohamed El Hacen O. Deddew à cause dit-on de ses positions politiques.

Le pouvoir a également refusé l’octroi de passeports diplomatiques à d’anciens ministres des affaires étrangères à cause de leurs positions politiques.

C’est le cas de Mohamed Vall O. Bellal et Cheikh Sid’Ahmed O. Babamine, tous deux très actifs au sein du forum national pour la démocratie et l’unité, le plus grand rassemblement de l’opposition en Mauritanie.  
Autre entrave, celle auquel a fait face, pendant un an, le président de l’institution de l’opposition démocratique, El Hacen O. Mohamed, le pouvoir exigeant que son prédécesseur au poste, Ahmed O. Daddah restitue le sien.

D’anciens sénateurs avaient demandé au président Mohamed O. Abdel Aziz l’octroi de passeports diplomatiques, tel que prévu par la constitution.

Une requête qui a traîné le temps de supprimer leur institution à travers un referendum qui a été à l’origine d’une grande discorde.

Mauritanie :  Le passeport, cette épée de Damoclès
La famille du Chinguitty
  
Dans ce même ordre d’idées, des sources proches de la famille du Chinguitty révèlent que celui-ci, en plus de deux de ses enfants attendent impatiemment depuis 5 mois le renouvellement de leurs passeports.

Vérifications faites ce serait des instructions venues de là-haut qui ont empêché le renouvellement des passeports, hypothéquant du coup l’avenir scolaire des deux enfants à Doha et au Canada.

Mauritanie :  Le passeport, cette épée de Damoclès
La famille Chafi
 
Bien que Chinguitty ne soit pas parmi les opposants les plus virulents au pouvoir, il n’en demeure pas moins qu’il a été traité de la même manière que O. Chafi empêchée elle en 2011 d’entrer en Mauritanie, l’ambassade de Mauritanie à Dakar ayant longtemps trainé le renouvellement des passeports avant de le refuser.

Les partis politiques et les organisations de la société civile avaient considéré naguère ces décisions comme « des comportements injustifiés et des tentatives désespérées de régler des comptes  en suspend avec des adversaires politiques sur une arène autre que politique. »

Le tribunal de Nouakchott avait émis un mandat d’arrêt contre O. Chafi, accusé de soutenir matériellement et moralement le terrorisme au Sahel et de consentir des aides à des groupes terroristes.

Des accusations balayées d’un revers de la main par l’opposant O. Chafi qui considère qu’il s’agit plutôt d’un règlement de compte politique de la part du régime.
 
 
 
 














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