Mauritanie : Les élections à l’université se transforment en confrontations ethniques


saharamedia
Jeudi 21 Avril 2011



Mauritanie : Les élections à l’université se transforment en confrontations ethniques

L’Université de Nouakchott s’est réveillée, ce jeudi, sur une situation tendue avec l’évaluation des dégâts causés par les confrontations d’hier entre clans estudiantins rivaux à l’occasion de l’élection des représentants des étudiants.

Quelque 15 blessés dont 3 cas graves ont été transportés à l’hôpital, en plus de la destruction d’un grand nombre de tables et de matériels de l’université, de l’incendie du siège de l’Union nationale des étudiants de Mauritanie (UNEM), à la Faculté des Sciences et Techniques, ce qui a nécessité l’intervention de la protection civile pour éteindre un incendie qui a failli causé un véritable drame.

Tout a commencé, mercredi soir, aux environs de 15 heures, quand des étudiants ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de fraude massive dans le choix des représentants des étudiants dans le Conseil de l’Université, à travers « le dédoublement des listes au niveau de la Faculté des Sciences juridiques et économiques ».

Ils ont évoqué le cas d’étudiants qui disposent de deux inscriptions (l’ancien système et le système LMD). C’est alors que trois listes fichées politiquement (UPR : Union des étudiants ; nationalistes arabes : Union générale des étudiants ; et les nationalistes négro-mauritaniens : Syndicat national des étudiants de Mauritanie) ont demandé l’arrêt du vote. Le « flambeau des étudiants » affilié à l’Union des étudiants (UPR) a alors publié un communiqué dont la tonalité acerbe a déclenché les hostilités.

Après les premiers accrochages, le président de l’Université, Isselkou Ould Ahmed Bahah, a donné des instructions allant dans le sens de l’arrêt provisoire des opérations de vote. La direction de l’université est alors entrée dans des discussions avec les différentes parties pour arriver à la nécessité d’annuler le vote et de reprendre l’élection sur des bases saines. Une solution acceptée par tous mais refusée par l’Union nationale des étudiants de Mauritanie (UNEM), d’obédience islamiste et que les observateurs donnaient vainqueurs de ces élections, ce qui lui permettaient de conserver la représentation des étudiants au niveau des facultés et dans le Conseil de l’Université.

Les efforts de la commission de réconciliation conduite par le Dr Abdallahi Ould Seyid, vice-doyen de la Faculté des Lettres n’ont pas abouti et, très vite, la crise s’est transformée en une opposition entre étudiants arabes et négro-mauritaniens. Les accrochages ont d’abord commencé à la Faculté des sciences et techniques avant de gagner les divers autres compartiments de l’Université et ses alentours.

Avec l’évolution dangereuse de ces événements, six véhicules bondés de policiers sont alors arrivés pour circonscrire les hostilités aux alentours de l’Université alors qu’à l’intérieur de celle-ci, les étudiants prenaient sur eux de régler leurs comptes. Bloqués dans les locaux de l’Université, les étudiants négro-africains n’ont pu sortir, à la tombée de la nuit, que quand la police a utilisé les grands moyens (gaz lacrymogènes entre autres) pour disperser ceux qui leur en voulaient apparemment à mort puisqu’ils commençaient même à s’en prendre à tout taxi transportant des Noirs.

Concernant les élections, on ne sait pas encore quel sort leur sera réservé : annulation ? Reprise ? Ou l’université prendra-t-elle une décision allant dans le sens de leur report sine die ?















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