Mauritanie : Une table ronde sur la situation politique dans le pays et l’initiative de Messaoud


saharamedia
Samedi 11 Août 2012



Le Centre arabo-africain pour la Communication et le Développement  a organisé, dans la nuit de vendredi à samedi, à l’hôtel Khater, une table ronde autour de la situation politique dans le pays et l’Initiative de Messaoud Ould Boulkheir pour sortir de la crise.

La table ronde, à laquelle a pris part un grand nombre de personnalités politiques des différents camps, a connu des divergences de points de vue profondes sur les sujets abordés.
Yarba Ould Sghair, directeur général de l’Agence Mauritanie d’Information (AMI) et membre du Bureau exécutif de l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir, trouve qu’il n’y a « aucune crise politique dans le pays ou au niveau du pouvoir », déclarant : « il y a des crises traversées par des personnes mais pas de crise politique comme l’insinuent certains », selon son propos.
Quant à Ahmed Ould Lafdhal, membre du bureau politique du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), parti d’opposition, il a réaffirmé l’existence d’une crise politique déclarant que « ses manifestations sont  claires et ne peuvent être niées par personnes » et que « l’illégitimité du Parlement fait que le Gouvernement n’est responsable devant rien ».
Ould Lafdhal a ajouté que l’administration aujourd’hui « est paralysée » et que tous « les pouvoirs se trouvent concentrés entre les mains d’une seule personne », dans une allusion on ne peut plus claire au président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Il a conclu en disant que le pouvoir « a échoué dans son discours de lutte contre la gabegie et cherche maintenant à cloner un autre pour convaincre » et précisé que « le fait de dire à Atar que les caisses de l’Etat son pleines n’a aucun sens puisque cela n’a pas d’effets positifs sur les conditions de vie des populations ».

 


Une majorité qui s’oppose au président


De son côté, le député Moustapha Ould Abeiderrahman, président du Renouveau Démocratique (RD) a déclaré qu’il y a bien une crise politique dans le pays et que le sérieux manque dans la lutte contre la gabegie. Il s’est cependant rattrapé en disant : « nous ne mettons pas en doute la légitimité du président ou du pouvoir » mais « nos positions qui ont présidé à notre adhésion à la majorité n’ont pas été appliquées ».
Il a indiqué qu’il « rend la majorité responsable en grande partie de la crise actuelle » et lancé un appel au président Ould Abdel Aziz « pour qu’il fasse des concessions » parce qu’il est « un père pour tous », selon son expression.
Enfin, Ould Abeiderrahman a déclaré que Biram et ses compagnons doivent être libérés et qu’il est inadmissible de se taire sur leur arrestation.
Mohamed Ould Abeid, ancienc ministre des Affaires économiques et l’un des dirigeants de la Convergence Démocratique Nationale (CDN) trouve, lui, que la Mauritanie « traverse une crise politique étouffante qui aboutira aux mêmes conséquences que celle de 2008 ».
Ould Abed a indiqué que le secteur des mines « n’a pas d’effets positifs sur la vie des populations et qu’il ne contribue pas à la résorption du chômage ajoutant que « l’opacité qui entoure la gestion de ce secteur va livrer ses secrets un jour ou l’autre ». Enfin, il a indiqué que la réalité montre que la pauvreté « a augmenté de façon remarquable depuis 2008 ».
Pour Mohamed Lemine Ould Naty, membre du Directoire de l’Alliance populaire progressiste (APP), «il y a une situation non satisfaisante que tout bon patriote doit reconnaitre » précisant tout de même que, « du moment que chaque partie campe sur ses positions, il y a une crise psychologique qu’il faut dépasser ».
Quant à son compagnon, Al Khalil Ould Tiyib, passé il y a un certain temps à l’UPR, il a déclaré que Messaoud Ould Boulkheir n’a pas lancé son initiative « parce qu’il y a une crise mais parce qu’il veut préserver l’unité nationale ». Pour Ould Tiyib, « les conditions de vie des populations ont commencé à s’améliorer depuis l’arrivée de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir ».


Messaoud et Nabih Berri
L’avocat Mohameden Ould Ichedou a déclaré que la Mauritanie a vécue trois décennies de « vagabondage » qui ont créé une « situation politique particulière », affirmant que Messaoud Ould Boulkheir a lancé une initiative « pour rester président de l’Assemblée » et le comparant à son homologue libanais Nebih Berri déclarant qu’il veille « à un certain équilibre qui lui garantit de rester à la tête de l’Assemblée malgré le petit nombre de ses députés ». Ould Ichedou conclue en lançant : « il n’y a pas de crise politique mais tout n’est pas parfait ».
Les débats, auxquels ont pris part également Mahfoud Ould Deddach, ancien ambassadeur de Mauritanie à l’Onu, l’avocat Lô Gourmo, membre de la direction de l’UFP et d’autres personnalités politiques et de la société civile, ont été enflammés, surtout quand Gourmo fera remarqué la faible présence des cadres Négro-africains dont il dira que les organisateurs n’accordent apparemment pas une grande importance sur des questions d’intérêt national.















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