Mauritanie blues de Brahim Abdallahi N’Diaye écrivain journaliste


saharamedia
Dimanche 8 Août 2010



Mauritanie blues de Brahim Abdallahi N’Diaye écrivain journaliste

«…Au moment où des mauritaniens cherchent à s’identifier à quelque chose, il y a ceux qui savent ce qu’ils sont…Vouloir que ceux qui savent exactement à quoi s’identifier abandonnent leurs valeurs propres pour être embrigadés dans l’aventure de ceux qui se cherchent des origines est, non seulement de  l’arbitraire, mais  il s’agit  là d’une politique culturelle imbécile…». Cette prise de position de Mohamed Ould Cheikh, administrateur et Ministre aux premières heures de l’indépendance,  illustre, au de là de la hauteur et de la justesse du jugement d’un visionnaire, l’attachement d’un  patriote  au  devenir  harmonieux  d’une  Nation  qui  avait  tout  à gagner en s’affirmant en entité multiraciale et qui a tout perdu en choisissant  de se fourvoyer dans les particularismes et les sectarismes qui n’ont engendré que l’incivisme,  la mauvaise manière de servir, la corruption, l’arbitraire, le racisme d’Etat, le génocide et partant, l’absence manifeste d’un Etat de droit.

En fait et en faisant fi de la justesse du jugement du visionnaire des premières heures de l’indépendance les tenants du pouvoir qui se sont succédés ont entrainé  la Mauritanie dans une aventure qui, si elle a consacré la main mise de la communauté beydane sur les leviers politiques et économiques du pays, a aussi et surtout grandement sapé l’émergence d’une République et  compromis  l’avènement d’un Etat viable dés lors que ce qui devait être un Etat viable a été pris en otage par des groupes arrimés à des appartenances tribalo sectaires et des visions idéologiques étroites et, dans les deux cas, dépourvus de toute notion de l’entité nationale commune.

Des groupes qui n’ont pour le droit que mépris et dédain tant qu’il ne venait pas à recouper  leurs   égoïsmes débordants  face auxquels tous les dogmes s’effacent, y compris ceux qui fondent la sainte religion dont ils se réclament à cors et à cris.

Des groupes qui, à  l’hombre  de  la  réforme arbitraire du système éducatif, ont envahi l’ensemble des rouages de l’administration et des corps constitués sans avoir à faire  preuve d’aptitudes ou de compétences et qui, grâce à la raciste reforme foncière, se sont emparés des vastes zones de l’agriculture  irriguée à l’effet de faire main basse sur les gros financements alloués au secteur par les partenaires au développement. La réforme du système judiciaire devait venir parfaire la main mise de ces groupes sur l’ensemble des rouages sensibles de la vie de la Nation ou plutôt de l’anarchie ambiante qui en a tenu lieu jusque là.  Une anarchie qui, si elle a engendré des richesses individuelles et tribales colossales, a, par contre, fortement sapé les fondements de la République au grand dam des minorités et  des grandes franges d’une population plongée, chaque jour plus, dans les bas fonds de la misère et du dénuement.

Pour l’héroïne de ce roman, les Peuples, selon qu’ils étaient gouvernés, étaient capables du meilleur comme du pire et le pire ayant été vécu, un demi-siècle durant, il est grandement temps pour les mauritaniens d’envisager le meilleur.

 















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