Mauritanie : la panique semée par la fièvre du rift pousse les mauritaniens à abandonner la viande rouge pour la viande blanche


saharamedia
Dimanche 5 Décembre 2010



Le prix de la viande blanche a connu une hausse conséquente de 25% à 40% en Mauritanie où une fièvre mortelle s’est déclarée, dans le nord du pays, depuis le mois d’octobre dernier. A l’annonce que la fièvre du rift, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, les mauritaniens ont migré de la viande rouge, qu’ils consommaient sans modération, pour qui en a les moyens, vers la viande blanche, jusque-là considérée comme une alimentation pour les ménages à revenus moyens.

Ainsi, le kilogramme de la viande blanche (poulet) a atteint 1000 ouguiyas alors qu’il ne coûtait que 750 UM, quelques jours seulement après les mises en garde du ministre de la santé, Cheikh Sid’El Moctar Ould Horma, adressées, avant tout, aux habitants de l’Adrar. De la même manière, le prix du kilogramme de poisson a connu, lui aussi, une hausse notable.

Une ménagère a déclaré à Sahara média ne plus avoir confiance en les viandes rouges, mais qu’elle est également frustrée d’avoir constatée la hausse considérable de la viande blanche, ce qui, selon elle, dénote d’un « opportunisme » des commerçants mauritaniens prompts à saisir toute occasion qui se présente pour faire des bénéfices.

 

Un vendeur de volaille de Toujounine a ainsi réussi à écouler toute sa marchandise, à 2500 UM l’unité, alors que dans le passé, il était heureux d’en tirer 1500 UM !

De la même manière, la cherté subite du poisson a créé le désarroi au sein de la couche pauvre de la population qui ne sait plus à quel saint se vouer. Le poisson connu localement sous le nom de « yaye boy », le plus prisé par cette classe, se vend aujourd’hui à 100 UM alors qu’il était, avant l’apparition de la maladie, à 40 UM. La hausse du prix de la volaille et du poisson a aussi entraîné dans son sillage celle des légumes, généralement consommés avec.

Les Mauritaniens qui préfèrent, en temps normal, la viande rouge à la viande blanche, sont actuellement dans une situation d’expectative qui ne prendra pas fin de si tôt. Il faudra peut-être bien des mois pour que la situation née de la peur d’attraper ce mal mystérieux – et d’en mourir – disparaisse.















GABONEWS APAnews