Nos élites politiques sont-elles prêtes au dialogue ?


Par El Wely Ould Sidi Haiba
Dimanche 27 Avril 2014


«Le tact, c’est l’art d’exprimer son point de vue sans se faire des ennemis»


Nos élites politiques sont-elles prêtes au dialogue ?
Elles sont peu nombreuses les nations qui, tout au long de leurs histoires, ont réussi à surpasser les passions, les envies, les égoïsmes, la soif de pouvoir, les divergences et briser les ardeurs survoltées de leurs élites politiques sans pour autant les renier.
Le prix à payer pour cela ne fut  certes jamais en deçà des acquis obtenus. La concorde ambiante, le dépassement des entendements socio culturels obsolètes d’un temps révolu et l’alternance au pouvoir, sans tumulte sont les marques indélébiles de cette évolution humaine dans la sphère protectrice du civisme en toute sa magnificence.
Ces nations, petites et grandes, qui sont les plus stables et sont aussi les pus prospères. Plus que cela, elles sont incontestablement l’exemple que suivent aujourd’hui avec une volonté de changement ferme les pays engagés sur la voie des réformes osées.

 C’est par l’adoption du dialogue qui s’élève  au dessus des tabous, que ces nations ont réussi à stigmatiser favorablement les facteurs qui freinent leur épanouissement, telles les coutumes, les mentalités rétrogrades et les violences.
Nos élites politiques sont-elles parvenues à ce stade de maturité ? A suivre leurs cheminements, à entendre leurs discours sans âme dans le plus clair de leurs philosophies et orientations, à appréhender la plupart de  leurs actes en déphasage avec les exigences de la conjoncture, l’ont est tenté de  dire que le chemin emprunté à cela manque de traçabilité, de symétrie et de clairvoyance. Et de là à aller chercher les raisons dans leur mentalité encore prisonnière de considérations passéistes, il y a qu’un pas à faire ; Pas unique que, fau-il bien l’avouer, beaucoup ont osé franchir en cette phase d’un dialogue de sourds.
Une partie des protagonistes de ce dialogue tripartite majorité, opposition et forum, ne mesurant pas à leurs justes valeurs les concessions de l’autre, campe sur des positions dont elle payera le lourd tribut par une marginalisation systématique au cours des cinq années que durera le prochain mandat présidentiel.  Cette abstinence va au-delà de cet acte singulier mettre ainsi à mal une démocratie qui ne pourrait en toute logique d’avantage s’affirmer  que par la présence d’une opposition structurée, dynamique et bienveillante.
Aujourd’hui encore la majorité affirme tous azimuts que le portes du dialogue sont encore entrouvertes et que la volonté de parvenir à des accords, ouverts sur la participation de tous à la prochaine échéance présidentielle, est aussi vivace qu’au tout début de la première rencontre.
N’est ce pas là que résiderait peut-être une preuve tangible que les parties de la  majorité voudraient  jusqu’au bout assurer la crédibilité des prochaines élections présidentielles par une présence effective d’un ou plusieurs candidats issus des rangs de grandes formations de l’opposition ou par elles parrainés.
Mais aussi sûre soit-elle de la victoire de son candidat, cette majorité semble le sentir dans l’âme,  qu’aller vers ces élections sans rivaux  de taille équivaudrait à cautionner la thèse  qui dénonce ce qu’elle appelle  « l’accaparation du pouvoir » par une partie unique.
Il est certain qu’un manque général d’enthousiasme et de participation frisant la démotivation et une absence d’engouement au sein des groupes a été constaté chez certains protagonistes et influé sur les toutes les parties constituant des autres ensembles.
Cette apathie constatée chez  les acteurs a peut être été due au départ à des facteurs externes à la condition de leur formation ou coalition. Ces participants ont pu se sentir forcés d’assister au dialogue, ou ont eu une attitude suspicieuse face aux méthodes employées en général, ou encore  d’autres participants ne sont pas qualifiés pour ce genre de discussions qui sont pourtant l’essence même du dialogue engagé.
Toutefois cette apathie peut également être venue de facteurs internes au groupe de participants. Peut être que si le groupe avait été plus large, les différentes interactions auraient été plus  invisibles, ou encore le débat avait-il été trop  organisé, pas assez souple, et ainsi toute spontanéité est déroutée. L’allure avait peut être elle aussi trop rapide, empêchant la participation de ceux qui prennent le temps de réfléchir ou au contraire trop lente et les participants se  sont ennuyés et devenus fort limités. Ne fallait il pas adopter en commun une stratégie réaliste et attentive, afin d’éliminer tous les facteurs externes pouvant contribuer à l’apathie des groupes et l’amoindrissement des chances de réussite.
En tout état de cause, le blocage ainsi fait du dialogue entamé, il y a quelques jours, entre les trois parties tenantes du sort d’un peuple mauritanien mal à l’aise dans sa diversité, elle-même en jeu, confirme si besoin est que les raisons de l’incapacité  au dialogue sont à chercher beaucoup plus dans les esprits mal en point des acteurs politiques que dans les enjeux que tout prête pourtant à mettre en avant pour une plus grande légitimité de l’Etat et crédibilité de ces formations politiques aussi diverses soient elles.
 N’est ce pas la Mauritanie pour qui veut l’entendre  a fortement besoin de sa cohésion et de stabilité lesquelles son indispensables pour  parer aux secousses telluriques dont le rythme ne cesse de s’accentuer au gré des tensions devenues chroniques et auxquelles seule la démocratie peut, sinon en profiter favorablement, du moins à y faire face avec tact et fermeté.
Il est impérieux de saisir les opportunités qui ne se conjuguent qu’au présent au détriment de la projection des données politiciennes au futur, le présent étant le réel vécu.
Est-ce que la classe politique dans ce pays réalise et considère cette donne ? Tout porte à croire que ce n’est pas du tout le cas, dès lors que chacun de ses acteurs ne pense unilatéralement que ce qu’il  croit devoir être.
Pourtant le Prix Nobel de la paix et Icône de la spiritualité tibétaine, le Dalaï Lama disait pour exprimer l’importance de l’appropriation et de  la gestion de l’instant présent :
« Si nous pouvons faire quelque chose, agissons.
Si nous ne pouvons rien, vivons l'instant présent, sans regret ni catastrophisme.
La plupart de nos craintes ne se réaliseront jamais.
Nous avons le droit et le devoir de profiter de chaque instant de bonheur sans le gâcher par nos préoccupations.
Je vous souhaite de vivre, plus dans le présent et moins dans un futur peuplé de soucis et de craintes.
Le présent vous appartient, le futur ne vous appartient pas. Vivez chaque moment qui passe pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aurait pu être... »














GABONEWS APAnews