Nouakchott : La capitale des ordures


Mardi 8 Juillet 2014


Malgré le relais pris par la Communauté Urbaine de Nouakchott dans le nettoyage des ordures depuis l’annulation du contrat de l’ex société Dragui Transport Mauritanie, la filiale du groupe français Pizzorno pour la collecte et la mise en décharge des déchets par l’Etat mauritanien, Nouakchott renoue avec ses amas d’ordures voire ses « immeubles » d’immondices qui poussent comme des champignons dans les principales artères de la ville.


Nouakchott : La capitale des ordures
Aujourd’hui la capitale administrative mauritanienne bat aujourd’hui le record de la ville la plus sale du monde. Reportage.
 
Il est 7 heures précises. Au moment où le soleil se lève timidement, Mariem comme à l’accoutumé se réveille pour balayer sa maison avant de jeter la poubelle derrière le mur de l’Aéroport (coté Hay Saken) persuadée qu’elle est que la société Pizzorno viendra récupérer les détritus dans leurs camionnettes. Mais depuis quelques semaines, Mariem voit les amas d’ordures où elle a l’habitude de jeter sa poubelle s’agrandir de jour en jour. De plus ils commencent à empester l’air. Pis, la nuit ces ordures empêchent elle les habitants des lieux de respirer normalement. « Il faut que les autorités prennent des mesures pour dégager ces ordures qui risquent d’être mortelles pour les habitants de cette zone » martèle Mariem Fall, mère de famille qui remarque qu’avec ces ordures, le moins que l’on puisse dire est que Nouakchott devient de plus en plus invivable.
Le cas de Mariem n’est pas isolé. Dans la commune de Teyarett les tas d’immondices poussent comme des champignons. En plus des ordures qui empestent l’air, les mouches trouvent un bon refuge pour s’abriter sous le regard des citadins impuissants. Chacun s’adapte, comme il le peut, à vivre dans cette promiscuité et ne dit mot comme si cette affreuse situation ne le concerne point. On est totalement indifférent et surtout on ne cherche même pas à savoir qui est responsable de cette situation.
« Nous sommes en train de vivre une situation analogue à celle que l’on vivait il y a quelques années. La situation avait pourtant fini par changer. Les ordures ne posaient presque plus de problèmes aux habitants. Le ramassage se faisait dans les temps et les rues de Nouakchott étaient plus ou propres » témoigne Hamet Seck dont les yeux sont rivés devant un amas d’ordures.
Beaucoup sont nostalgiques de la société de collecte traditionnelle, experte dans la technique de ramassage de porte à porte des ordures dans de grands centres urbains. Tous expriment des craintes pour l’hivernage avec le problème d’assainissement et d’inondations qui menace. Samuel, coiffeur originaire de Ghana fustige : « je n’arrive plus à faire correctement mon travail à cause de ces odeurs nauséabondes d’ordures qui font fuir la clientèle. J’ai voyagé partout en Afrique, mais je n’ai jamais vu une capitale aussi sale que
Nouakchott ». « Si la Communauté Urbaine de Nouakchott savait qu’elle ne peut pas rendre rayonnant la ville, il fallait laisser Pizzorno continuer son travail »ajoutera-t-il.
 
A cinq cent mètre de Samuel, Aïda, la trentaine, vendeuse des poissons n’a plus de solution pour isoler les écailles des poissons vendus. «Cette poubelle est déjà remplie. Les habitants continuent d’amener leurs ordures. Ce que je crains surtout c’est la pluie qui risque de rendre les choses plus dangereuses avec les maladies ».
Pour l’instant, Nouakchott bat le record des capitales les plus sales du monde. Les tas d’immondices continuent de pulluler dans la ville alors que les autorités soucieuses de l’investiture du président réélu, ne pipent aucun mot.
 














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