Onu : « La quasi-totalité des musulmans ont été contraints de fuir la Centrafrique


Saharamédias + Reuters
Vendredi 7 Mars 2014


Le Haut commissaire de l'Onu pour les réfugiés, Antonio Guterres, a déclaré, jeudi, que plupart des populations musulmanes ont été chassées de l'ouest de la République centrafricaine, en proie à un conflit religieux meurtrier, et sont victimes d'un "nettoyage" ethnique.


Onu : « La quasi-totalité des musulmans ont été contraints de fuir la Centrafrique
Les affrontements, qui opposent les rebelles musulmans de l'ex-Séléka, auteurs d'un coup d'Etat en 2013, et des milices chrétiennes "anti-balaka" organisées en groupes menant des représailles, ont fait des milliers de morts civils.
"Depuis début décembre, nous avons effectivement assisté à un 'nettoyage' (ethnique) de la majorité de la population musulmane vivant dans l'ouest de la RCA", a estimé Guterres lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu consacrée à la situation dans l'ancienne colonie française.
"Plusieurs dizaines de milliers de musulmans ont fui le pays, il s'agit de la deuxième vague de réfugiés de la crise actuelle et la plupart de ceux qui restent se trouvent sous une menace permanente", a-t-il ajouté.
Le Conseil de sécurité a étudié la proposition d'une force de maintien de la paix de près de 12.000 hommes afin d'éviter que le pays ne sombre dans ce que des responsables onusiens qualifient de "nettoyage ethnico-religieux".
Si l'envoi d'une telle force était décidé, elle ne serait pas opérationnelle avant la fin de l'été.
"Rien que la semaine passée, environ 15.000 personnes se sont retrouvées prises au piège dans 18 endroits dans l'ouest de la RCA, encerclée par des éléments anti-balaka avec un risque très élevé d'être attaquées", a poursuivi Guterres.
"Les forces internationales sont présentes sur certains de ces sites mais si davantage de sécurité n'est pas instauré immédiatement, de nombreux civils risquent d'être tués sous nos yeux", a-t-il mis en garde.
Guterres a rappelé que jusqu'à l'année dernière la République centrafricaine avait été épargnée par les conflits religieux.
C'est l'escalade de la violence entre groupes armés qui a conduit ces derniers à se servir de la religion comme d'un prétexte à leurs actions.
Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint de l'Onu en charge des opérations de maintien de la paix, a appelé les 15 pays membres du Conseil de sécurité à déployer d'urgence une mission de pacification.
"L'Etat (centrafricain) n'a virtuellement pas la capacité à gérer l'étendue des menaces auxquelles il est confronté", a-t-il dit. "Il n'y a pas d'armée nationale et ce qu'il reste de la police et de la gendarmerie manque des équipements de base et des ressources pour exercer leurs devoirs tandis que l'administration publique est largement absente sur l'ensemble du territoire", a-t-il poursuivi.
L'Union européenne a déjà déployé un millier de soldats qui sont venus s'ajouter à une force africaine de 6.000 hommes et 2.000 militaires français. Ces forces ne sont pas parvenues pour l'instant à faire cesser les massacres et à rétablir la stabilité.
L'ambassadeur de France à l'Onu, Gérard Araud, a précisé que Paris soutenait la proposition d'Hervé Ladsous en faveur de l'envoi de 10.000 soldats et 1.820 policiers mais a reconnu que l'adoption d'une résolution serait "très difficile".
Selon des diplomates, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s'inquiètent des coûts induits par une telle opération.
 














GABONEWS APAnews