Où va mener le bras de fer entre pouvoir et opposition ?


saharamedia
Lundi 19 Avril 2010



Où va mener le bras de fer entre pouvoir et opposition ?

Dans la« guerre de tranchées »entre le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz et la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), un combat  à coups de sorties médiatiques musclés et d’attaques à l’occasion de meetings, on assiste à une véritable montée du taux d’adrénaline. Le dernier épisode du feuilleton qui se joue dans le cadre des rapports tendus entre  le régime et ses détracteurs, est offert aux mauritaniens par le  meeting du COD qui s’est déroulé à la grande place de la mosquée Ben Abass le samedi 17 avril. Un rassemblement populaire au quel ont pris part tous les leaders  de l’opposition : Messaoud Ould Boulkheir, patron historique de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) et président de l’Assemblée Nationale, qui assure la présidence tournante du cadre organisationnel de la mouvance, Ahmed Ould Daddah, président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) et chef de file institutionnel de l’opposition, Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces de Progrès (UFP)…En plus de ce qui apparaît comme le  trio de l’opposition historique,  il faut relever la  nouvelle « valeur ajoutée » au cercle du refus :  Yahya Ould Ahmed Waghef, président du Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD-ADHIL),  Louleid Ould Weddad, président du Rassemblement du Peuple Mauritanien (RPM), Mohamed Yehdhi Ould Moctar Hacen, président de l’Alternative. Présence remarquée également de maître Mahfoud Ould Bettah, ancien ministre de la justice, ex bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA) et   figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du barreau (sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya).Il est venu  représenter  la mouvance  des amis de l’ancien chef de l’état sous le Magistère du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD), Ely Ould Mohamed Vall. Un meeting au cours duquel l’opposition, par la voix du président du COD, Messaoud Ould Boulkheir, a exigé le départ du président de la République, mettant ainsi un rideau sur sa demande,  réitérée en vue de  l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif. Une requête dont la source est  l’accord de Dakar. Un consensus pouvoir/opposition qui a permis l’organisation de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009. La demande de départ de Mohamed Ould Abdel Aziz  qui relèverait elle  de la stratégie de la surenchère ? Histoire de  mettre davantage de pression sur un pouvoir confronté aux difficultés de l’exercice d’une gouvernance acceptable dans une période de crise aigue générant une forte angoisse, née de l’incertitude face à l’avenir même le plus immédiat. L’hypothèse de la démission de l’actuel locataire du Palais de la République, la maison ocre,  étant exclue, de quels moyens dispose alors  les  opposants pour  chasser du pouvoir l’ancien commandant en chef du Bataillon de Sécurité Présidentielle de surcroît revêtue des habits de « légitimité populaire »même contestée  ? Mystère. Pour le reste, Il également important de savoir quelle  sera la réaction de Mohamed Ould Abdel Aziz, même s’il  est en réalité  le premier à avoir « déchiré » publiquement l’accord de la capitale sénégalaise lors de son meeting du 13 mars dernier à Arafat,  face à la nouvelle demande d’une opposition dont la posture de défiance  exige une réponse démocratique appropriée et intelligente. Le jeune général à la retraite pourrait tenter d’utiliser la redoutable arme de la dissolution de l’assemblée nationale, que lui confère ses prérogatives constitutionnelles   pour renvoyer l’actuel président de la chambre basse à ses chères  études politiques.  Toutefois, cette arme est à double tranchant et peut  parfaitement se retourner contre son utilisateur par l’intermédiaire d’une possible bérézina infligée à une   Union Pour la République (UPR), principal parti de la majorité, qui vient juste d’entamer ses opérations d’implantations avec les tiraillements et déchirements habituels propres à toutes les formations affiliées au pouvoir dans notre pays. Quant à l’autre option, celle de la répression, véritable démarche à tombeau ouvert pour le pays (donc pouvoir et opposition confondus) elle présente encore plus de risques. Comme si face à la crise, la classe politique se retrouvait aujourd’hui à la croisée des chemins, sommée d’opérer le bon choix au-delà des attaques verbales et de  « guerre » des mots. 















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