Ould Bettah explique la position de la COD sur le dialogue en cours


saharamedia
Mardi 20 Septembre 2011



Ould Bettah explique la position de la COD sur le dialogue en cours

La COD (Coordination de l’opposition démocratique), dont la présidence tournante est assurée par Mahfoud Ould Bettah, président de la Convergence démocratique nationale (CDN), a indiqué que les protagonistes du dialogue en cours se sont empêtrés dans les problèmes depuis le premier jour. Pour lui, le discours du président Ould Abdel Aziz n’a rien apporté de neuf, à part d’user de ce « pléonasme », selon le président de la COD, consistant à dire que la Mauritanie « peut accueillir tout le monde ».

Cependant, Ould Bettah qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse organisée ce mardi à Nouakchott, a réitéré la disposition de la COD au dialogue, « s’il est sérieux » parce qu’il est le seul moyen capable de sortir le pays de la crise qu’il traverse aujourd’hui, et parce qu’aussi « c’est le seul moyen d’éloigner l’armée du pouvoir et d’instaurer un système véritablement démocratique », selon les termes du président de la COD qui pense que, depuis le coup d’Etat du 6 août 2008, « tous les rouages de l’Etat sont entre les mains d’une seule personne ».

Ould Bettah est, comme on pouvait s’y attendre, revenu sur les questions qui fâchent : le rôle de l’armée, l’indépendance (absente) de la justice, le manque de neutralité de l’administration. Il dira que les partis d’opposition qui ont choisi de rester en dehors du dialogue en cours, « n’ont pourtant pas demandé l’impossible ». Et l’actuel président de la COD de dire que tout ce qui est demandé est que les institutions de l’Etat (l’armée en premier) répondent aux critères républicains connus. Pour la COD, la plateforme proposée pour le dialogue, et qui a été finalement « court-circuiter » par l’acceptation d’une sorte de dialogue à minima par les partis APP, Al Wiam, rejoints plus tard par Hamam et Sawab, est la seule issue possible pour sortir la Mauritanie de ce que l’opposition boycotteuse considère, à tort ou à raison, comme un véritable bourbier. La COD persiste et signe, en disant que ses propositions n’ont pas reçu d’échos favorables de la part du pouvoir et mettant en cause la position même du président Aziz, qui a accusé l’opposition de vouloir « les résultats du dialogue avant qu’il ne commence » !

 Quant au député Mohamed El Moustapha Ould Bedredine, vice-président de l’Union des forces de progrès (UFP), il a indiqué que les signes précurseurs de l’échec du soi-disant dialogue entre le pouvoir et l’opposition sont apparus dès le premier jour. Il a aussi déclaré que les conditions du changement en Mauritanie se résument en trois choses : une révolution populaire (du genre de celles qui ont emporté les régimes de Ben Ali en Tunisie, Moubarak, en Egypte et Kadhafi, en Libye), un coup d’Etat militaire ou le dialogue sérieux entre les différents partenaires politiques, avec la garantie que ses résultats seront mis en œuvre par le pouvoir.

Pour Ould Bedredine, le président Aziz a finalement reconnu qu’il y a bien une crise dans le pays, quand il a déclaré, dans son discours d’ouverture du dialogue entre sa majorité et quatre partis politiques d’opposition, que cette crise « a été dépassée ». Un avis qu’il dit ne pas partager puisque les « hommes politiques sont toujours marginalisés, les médias publics monopolisés et les institutions de l’Etat prises en otages ».

Enfin, le vice-président de l’UFP a rappelé que la plateforme de l’opposition met l’accent sur la non utilisation de la violence contre les organisateurs de manifestations pacifiques, soulignant que, depuis le début du dialogue, la police a usé de la force à Nouakchott et à Nouadhibou contre des citoyens qui s’exprimaient pacifiquement. Concernant la « discrimination » au sein de l’administration, Bedredine a révélé que le ministère des Affaires islamiques travaille à ce que le renouvellement du bureau de l’Association des Ulémas de Mauritanie soit verrouillé devant les personnes qui sont membres du parti « Tawassoul » ou affichent leur sympathie pour cette formation islamiste rangée dans le camp de l’opposition.















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