Ould El Moctar : La justice mauritanienne est otage de la volonté et des désirs personnels


saharamedia
Mardi 13 Septembre 2011



Le juge Mohamed Lemine Ould Moctar, ancien président de la chambre de cassation du tribunal de Nouakchott, qui vient d’être démis de ses fonctions, a déclaré que la justice mauritanienne souffre aujourd’hui « d’une sujétion aux caprices et aux désirs personnels de ceux qui se trouvent au sommet de l’appareil judiciaire ».

Dans un communiqué de presse au ton très violents publié mardi à Nouakchott, Ould Moctar a indiqué que ce qui attire l’attention est que la décision du ministère de la justice validée par la structure de discipline du Conseil supérieur de la Magistrature ne vise que le président de la cour alors que le jugement incriminé a été débattu et entériné de manière collective.

Il a ajouté que le CSM a été contraint de valider la décision prise à son encontre par la structure de discipline « sans aucune modification », précisant que cette méthode « reflète le degré de manque de considération pour le plus important des pouvoirs dans l’Etat de droit ».

 

Il a indiqué que cela renvoie à une seule réalité : Le ministère de la Justice est aujourd’hui « le maître à obéir », surtout quand on sait que le ministre n’a pas à demander à la structure de discipline de se réunir pour examiner un cas mais seulement de porter lui-même cette affaire au CSM, dans sa composition élargie présidée par le président de la République.

Ould Moctar déclare que l’article 38 de la loi organique précise que : « les faits susceptibles de faire l’objet d’une décision disciplinaire doivent être portés au CSM par le ministre de la Justice » et c’est à ce dernier, dans sa composition élargie, de dire si oui ou non l’affaire nécessite d’être portée devant la structure de discipline.

Le magistrat a aussi déclaré que la cour a prononcé son verdict, dans le dossier de la drogue, sur des faits et des textes clairs que ni l’Inspection ni le Conseil, dans sa séance éclair, n’ont pu contrarier. Elle a en cela, conclut-il, « exercer le droit et le droit seul ».















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