Oumar El Béchir au Tchad malgré le mandat d'arrêt international


saharamedia
Mercredi 21 Juillet 2010



Oumar El Béchir au Tchad malgré le mandat d'arrêt international

Le président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour génocide, crime contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour, est arrivé au Tchad voisin mercredi, au risque théorique de se faire arrêter dans un pays reconnaissant la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) à l'initiative du mandat d'arrêt.

 

Jusque-là, il avait limité ses déplacements à l'étranger aux pays n'ayant pas signé le traité de création de la CPI et qui ne sont donc pas tenus de l'arrêter. Cette visite de l'autre côté de la frontière orientale suggère donc que le président soudanais ne se sent pas non plus menacé au Tchad. Les autorités de ce pays n'ont pas fait de commentaire, mais le maire de la capitale, N'Djamena, a réservé un accueil chaleureux et offert la clef de la cité au chef de l'Etat.

"Le Tchad et le Soudan ont eu un problème par le passé mais maintenant ce problème est réglé. Nous sommes frères", a déclaré Omar el-Béchir aux journalistes.

Le porte-parole du gouvernement soudanais, Rabie Abdel Attie, a ajouté de son côté que les relations entre Khartoum et N'Djamena étaient plus importantes que le fait que le Tchad reconnaisse la CPI. "Je ne pense pas que le Tchad fasse quoi que ce soit contre le président. Il y a un accord pour cesser les hostilités", a-t-il dit.

Omar el-Béchir se trouve au Tchad pour participer à un sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) et devrait également avoir des entretiens sur les relations bilatérales. Pendant des années, les deux pays se sont accusés de soutenir la rébellion l'un de l'autre mais un accord a mis fin aux hostilités en janvier.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a exhorté le Tchad à arrêter le président soudanais, soulignant qu'au cas contraire il "risque de se distinguer honteusement en étant le premier pays partie à la CPI à protéger de la Cour un criminel de guerre présumé".

S'il reçoit Omar el-Béchir, le Tchad a en revanche récemment refusée son entrée à l'un des chefs de la rébellion du Darfour. Depuis le début de la rébellion armée dans cette région de l'ouest du Soudan en 2003, les combats et représailles exercées par Khartoum et les milices arabes des Janjawid ont fait environ 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon les estimations des Nations unies. AP

 

 















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