Ouverture de la nouvelle année judiciaire: Aziz juge insuffisants les efforts déployés pour la réforme de la justice


saharamedia
Lundi 14 Mars 2011



Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, a déclaré ce lundi, à l’ouverture de la nouvelle année judiciaire, que les résultats de la réforme de la justice entreprise par le gouvernement « restent en deçà des espérances », précisant qu’elle « bute encore contre la réalité dans laquelle se trouve le secteur ».

Ould Abdel Aziz a ajouté qu’une telle situation  « requiert plus d’efforts en donnant la priorité aux ressources humaines qualifiées au niveau de la magistrature et des avocats ». Il a donné l’engagement du gouvernement à aller dans le sens de la consolidation « de l’indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs », appelant les avocats et les juges « à assumer les nobles responsabilités que leur confère la loi et qui consistent à se débarrasser de tout comportement de nature à porter atteinte à la personnalité du juge et de l’avocat».

 

Le président de la Cour suprême, Seyid Ould Ghaïlani, a appelé, quant à lui, « à une refonte de certaines lois », du fait que « la justice est l’un des piliers majeurs de l’Etat dont la mission est de rendre justice entre les citoyens », insistant, son tour, sur la nécessité de l’indépendance de la justice.

 

Au nom des magistrats, le juge Haroune Ould Ammar Ould Ideïgheb, a déclaré que tant que le juge est soumis à ce qu’il a qualifié de « pressions », et qu’il n’est pas mis dans de bonnes conditions lui permettant de remplir sa mission, « la justice restera toujours absente ».

Quant au bâtonnier des avocats, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini, il a déclaré que « l’Etat est la plus grande entrave à l’application de la loi et que, tant qu’il continuera à intervenir en usant des divers moyens de pression sur les juges, pour empêcher l’exécution des sentences, toute discussion sur la justice restera vaine et ne sera que du temps perdu ». Il a demandé au président de la République, en sa qualité de président du Conseil supérieur de la Magistrature, « d’œuvrer pour la séparation des pouvoirs », précisant que c’est « l’unique moyen pour garantir l’indépendance de la justice. » Ould Bouhoubeini a aussi demandé au président de la République d’octroyer à l’Ordre des avocats un local propre à eux, et de « garantir à la presse, aux partis politiques, aux syndicats et aux activistes des droits de l’homme les droits et libertés que leur confère la Constitution ».

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