Plusieurs chefs d'états africains autour du président Sarkozy pour les festivités du 14 juillet


saharamedia
Mercredi 14 Juillet 2010



Les festivités marquant la célébration de la fête nationale de la France, le 14 juillet de chaque année,  se déroulent depuis ce matin à Paris. Autour du maître de cérémonie, le président Nicolas Sarkozy, une douzaine de leaders africains parmi lesquels Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie), maître Abdoulaye Wade (Sénégal), Amadou Toumani Touré (MALI), Paul Biya (Cameroun)..... En somme le précarré des anciennes colonies  constitué à partir des 1960 sous la férule des réseaux du trés célébre Jaques Foccart.

 

Absence remarquée de la Côte d'Ivoire, patrie de Nana Boigny, qui fût jadis le fleuron des posséssions francaises en Afrique Occidental.

Une défection à mettre au compte des relations, encore difficile, d'un pays qui n'a pas fini de solder  les dégâts directs et collatéraux du poison de l'ivoirité, qui a enfanté d'une rebellion,  et son ancienne puissance coloniale, dont l'attitude depuis le 19 septembre 2002, prête effectivement à confusion.

Pour les faits saillants de ce  14 juillet, le président Sarkozy et ses invités assitent actuellement à un somptueux  défilé militaire (aérien, motorisé et des troupes à pied) abrité par  le décor mythique des champs élysées.

L'événement intervient l'année du cinquantenaire de l'indépendance des différents pays dont les représentants se retrouvent aux côtés du chef de l'état francais.Pour mettre plus de piment dans la sauce France -Afrique, dans sa version originelle, des troupes venues de nos pays  participent à la grande parade.

Toujours au titre des bons points de la fête du 14 juillet 2010, le président Sarkozy a annoncé "la décristalisation" des pensions des anciens combattants africains,le mardi 13 juillet au cours d'un déjeuner offert à ses hôtes. Ils seront désormais alignés sur leur frères d'armes de nationalité francaise. Une décision "historique" venue réparer une vieille injustice, aprés une soixantaine d'années de revendication et de lutte acharnée.

Par rapport à ce constat, un gros bémol: au cours de cette période le nombre des anciens combattants africains ayant défendu la France à l'occasion des guerres 1914-1918, 1939-1945 et du conflit d'Indochine (1954) s'est réduit comme une peau de chagrin.Le plus grand nombre sera "rétabli dans ses droits" à titre posthume et donc symbolique.

Quel sens pour la forte  présence de l'Afrique en cette 2010?

La forte présence des chefs d'états et la  participation des armées africaines au défilé du 14 juillet 2010, année du cinquantenaire de nos indépendances,suscite un débat passionné.

Cet événement fête depuis plus de 200 ans,  la conquête des libertés démocratiques en France.

Parmi les officiers africains commandant les troupes mobilisées pour la parade certains ont du sang sur les mains et pourraient se retrouver un jour devant les juges de leur pays ou ceux d'une Cour Pénale Internationale (TPI), selon une thèse défendue  par les ONG de défense des droits de l'homme et une bonne frange d'intelectuels.

D'autres ont mené des actions contribuant à la réussite de coups d'états sur le continent. En plus, il y a lieu de se poser la question relative au  nombre de chefs de  régimes pouvant se réclamer d'une démocratie aux normes parmi les leaders africains entourant le président Sarkozy à l'occasion de ce 14 juillet dédié au cinquantenaire de notre acccession à l'indépendance.

Entre les tripatouillages des constitutions à des fins politiciennes et purement partisanes,la  mauvaise gouvernance, les  coups d'état militaires, les  emprisonnements arbitraires et même parfois assassinat des opposants (le pire de tous les crimes) on est encore loin de l'idéal démocratique.

Que dire en plus des forfaits de la colonisation qui n'ont jamais été soldés par la patrie des libertés?

Décidemment, la  relation "décomplexée" entre la France et l'Afrique, proclamée par le président Sarkozy lors du sommet de Nice reste à bâtir car les mauvaises habitudes ont la peau dure.

La configuration de la représentation africaine aux festivités marquant la fête du 14 juillet 2010, qui renvoie une forte image du passé, est une parfaite illustration de cette réalité.

Amadou Seck pour Sahara Médias.

 















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