Pour que le PANE ne tombe pas en panne


saharamedia
Jeudi 29 Décembre 2011



                       Pour que le PANE ne tombe pas en panne

Le débat organisé les 20 et 21 décembre 2011 sur le Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE), ouvert par le Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement et du Développement Durable, dans la perspective de la tenue du sommet sur l’environnement au Brésil en 2012, a attiré notre attention et nos réactions en tant qu’ONG Nationale composante de la société civile œuvrant dans les domaines inscrits précisément aux préoccupations des forums en question.

Le bilan de la société civile, au cours des dix dernières années, est, quoi qu’on dise, remarquable, eu égard aux moyens parcimonieux octroyés par les différents organismes non étatiques.

 

Et si cela pouvait prouver quelque chose c’est que les ONG Nationales chevronnées et expérimentées n’ont rien ménagé pour jouer un rôle majeur dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, les inégalités sociales, la promotion de la culture civique et l’ancrage des concepts liés à la démocratie, l’exercice des devoirs et droits citoyens.

 

Mais que serait leur participation dans des mesures plus performantes si les départements respectifs auxquels se rattachent, d’une manière ou d’une autre, leur implication aux programmes de développement et de promotion sociale, si la part qui leur sont concédée était plus équitable, plus conséquente et plus judicieuse.

Il s’est avéré, de manière regrettable et condamnable, que le rôle que leur concède la majorité des responsables est insignifiant et, d’ailleurs, leur comportement quotidien frise l’ironie, voire le dépit.

La société civile souffre de maux multiples :

-          Manque de cohésion interne, d’entraide, de compétence, de financements, tant de la part de l’Etat que de la part des partenaires.

-          L’élitisme au niveau des guichets, le clientélisme au niveau étatique, le manque d’homogénéité à son niveau, le manque de structuration réelle font que cette société civile est incapable de jour le rôle qui lui est naturellement dévolu.

Sans verser dans la critique des différentes structures qui devaient la guider, du cyber forum à la plateforme, en passant par les réseaux, nous constatons aisément que ces structures n’ont fait qu’accentuer le clivage, le clientélisme au détriment des nobles principes de la concertation et de la solidarité.

A ces multiples dysfonctionnements s’ajoutent d’autres non moindres : chaque fonctionnaire voudrait créer sa propre ONG pour accaparer les parts concédées à la société civile et mettre de cette manière les pieds dans le plat. Les départements de tutelle ne jouent aucun rôle dans le domaine et conçoivent, d’une certaine manière, la société civile et surtout les ONG avérées comme concurrentes potentielles. De cette manière, la loi régissant les associations de la société civile est dans les tiroirs, sans suite pour son adoption.

La loi environnementale demeure lettre morte, malgré l’insistance de certaines ONG qui ont critiqué, preuves à l’appui, la pratique illégale de certaines sociétés et notamment dans le domaine de l’exploitation gravière. Malgré tout cela, ces sociétés continuent de polluer des régions entières endommageant et détruisant le patrimoine vert, les ressources hydriques et la faune. La santé n’est que plus offensée suite aux poussières ensemencée au gré des vents sur les bassins versants, le couvert et les villages communautaires.

Il a été remarquable qu’aucune ONG Nationale n’a été décorée lors des festivités de la commémoration de notre indépendance nationale, comme si on voulait les occulter ensemble au même pied d’égalité, malgré le rôle éminent joué par plusieurs d’entre elles et qui pouvait donner l’occasion de créer un climat d’émulation saine et responsable de nature à les pousser en avant.

On se demande si, réellement, nos responsables conçoivent la pertinence des principes du PANE et le rôle dévolu à notre pays au titre d’engagements et signatures de conventions internationales réitérées de Rio à Kyoto en passant par Johannesburg.

Pourtant, et malgré les manquements, les blocages suspects et l’opportunisme criant, il existe des ONG qui agissent dans la responsabilité, le patriotisme et la transparence.

Mais ce n’est que rarement celles-là les plus choyées et les plus appuyées.

Pour conclure, nous formulons des vœux pour l’année 2012 :

-          La société civile devrait s’organiser davantage et redoubler d’effort pour participer à l’œuvre de lutte contre l’ignorance, la maladie et la dégradation du milieu naturel ;

-          L’Etat devrait faire un recensement précis des composantes de la société civile. Mettre à jour leur domaine de compétence et l’intérêt qu’elles suscitent sur la base des programmes concrétisés à travers le pays et dans les différents secteurs pour faciliter l’approche fondée sur des faits avérés, comme les études et les actions concrètes au profit des populations, ou s’inscrivant dans le cadre des politiques sectoriels ou des OMD, auxquels notre pays souscrit.

Pour terminer, nous suggérons une réflexion sur le rôle du ministère afin d’élucider ses prérogatives et voir si l’organigramme, tel qu’il existe actuellement, est le meilleur dans la mesure où le concept environnement ne se limite pas à un seul secteur prépondérant mais à la quasi-totalité des ministères. Dans ce cas, son rattachement à la Primature nous semble paradoxale, car l’immensité de son rôle le prédestine plutôt, au lieu de ministère délégué, à un véritable ministère qui pourrait, à la limite, être coiffé par des cadres experts imbus des notions et concepts environnementaux authentiques et non des techniciens acharnés contre leur propre société. Courage et bonne année !

 

BOUMOUZOUNA

 

                                                                                                          Chargé de Communication Groupe Société Civile Mauritanienne

 

                                                                                                                                                ONG AFE/CONADES















GABONEWS APAnews