Pour rétablir la confiance


saharamedia
Mardi 8 Juin 2010



L'éditorial du quotidien "Biladi" n° 523

Il faut bien commencer quelque part. L’audience accordée par le président à des dirigeants du parti ADIL, une composante de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), pourrait être le début du dialogue tant souhaité entre les acteurs de la scène politique nationale. Peu importe la forme de la démarche. Le processus n’est en effet qu’à l’état de l’esquisse, fragile est balbutiante. Mais il est tellement utile voire nécessaire pour notre stabilité que l’on parte déjà du postulat que le dialogue est lancé, chacun admettant que la solution de tous nos maux est d’abord politique et doit donc emprunter la voie du dialogue. Il reste maintenant à définir le contenu qu’on veut donner, dans les deux camps, à ce dialogue et les formes qu’il doit prendre.

Toute offre de dialogue, d’où quelle vienne, doit être encouragée. Notre pays a assez souffert de cette interminable guéguerre que mène, sans relâche, la classe politique. Il a droit à une autre perspective que celle de la confrontation qui pointait à l’horizon. Il est vrai que le pouvoir peut avoir ses propres calculs et a certainement des objectifs qu’il compte atteindre à travers sa disposition toute nouvelle au dialogue. Cela est normal et tout à fait légitime pourvu qu’il respecte le cadre général de la démocratie et de l’Etat de droit. Et ne doit point s’arrêter à une simple astuce pour dépasser une conjoncture donnée telle que par exemple la réunion des bailleurs de fonds à Bruxelles. Une telle perspective sera un non-sens, une absurdité et vulgaire manipulation de l’opinion nationale et internationale. Mais pourquoi privilégier une telle option au moment où le pouvoir possède l’opportunité, comme on dit, de joindre l’utile à l’agréable en apaisant la scène politique à travers l’instauration d’un véritable système démocratique dans lequel croit chacun d’entre nous et dans lequel tout le monde trouve son compte. Le dialogue n’est pas le partage d’un gâteau entre la majorité et l’opposition, cela ne rime à rien. Il est utile seulement quand il permet de revisiter les instruments de la démocratie, de définir le rôle des institutions, de faire renaître la confiance et le rêve.

Nos amis étrangers pourraient jouer un grand rôle dans l’étape qui s’annonce en se gardant de choisir un camp plutôt que l’autre comme cela avait été le cas pendant l’épisode du putsch. Dès qu’ils dépassent cette limite, leur intervention devient absolument nuisible.















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