Pouvoir/Opposition en Mauritanie : retour à la case défiance


saharamedia
Lundi 16 Août 2010



Après un mince espoir de détente synonyme de dialogue au cours des dernières semaines, suscité par une série de rencontres entre le président Mohamed Ould Abdel Aziz et certains chefs de partis, le pouvoir et l’opposition en Mauritanie sont revenus à la case « défiance » et à la « guerre » des mots dont la conséquence est une polémique qui enfle.

Un constat matérialisé par la reprise d’hostilités  dont les échos résonnent fortement dans les oreilles d’une partie de la population, constituée essentiellement de l’élite.

 

Celle-ci  est intervenue dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 août au cours de laquelle le président Mohamed Ould Abdel Aziz était face au peuple et à la presse, dans une espèce de show politico médiatique pour faire le bilan d’une année de pouvoir.

Circonstance en laquelle il, a « définitivement » enterré l’accord de Dakar du 2 juin 2009 sur la base duquel l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, lui conférant la « légitimité » des urnes, a été organisée.

Tout en donnant des indications sur l’utilisation d’un don saoudien de 50 millions de Dollars US (soit 14 milliards d’ouguiyas) consenti sous le règne de l’ancien président, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Une enveloppée dont les 60 à 65% ont été consacrées à des dépenses pour « la sécurité » du pays, avec notamment l’achat d’équipement s militaires. Une assertion «facilement vérifiable »   selon le propos du président  de la République.

Une semaine après la sortie de la date anniversaire, la réaction de la Coordination de  l’Opposition Démocratique (COD), tombe tout aussi cinglante. Elle nie toute légitimité au président élu le 18 juillet 2009 en dehors de l’accord sur la base duquel le scrutin a été organisé.

Réclame la tenue des engagements du gouvernement auprès des partenaires européennes au mois d’avril dernier, concernant un dialogue politique inclusif sur la base de l’accord de Dakar. Le collectif de l’opposition  exige par ailleurs  une enquête sur l’utilisation hors budget du don saoudien, sur les circonstances et objectifs de l’attaque franco mauritanienne contre une base d’Al Qaida en territoire malien le 22 juillet.

Ces 2 positions illustrent parfaitement la réalité d’un retour à une polémique stérile. Une attitude qui ne fait nullement avancer le débat démocratique en Mauritanie.

 















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