Pouvoir/Opposition : plusieurs obstacles sur le chemin du dialogue


saharamedia
Mardi 15 Juin 2010



Pouvoir/Opposition : plusieurs obstacles sur le chemin du dialogue

Main droite sur le cœur, responsables politiques au sein de la majorité et de l’opposition, affirment  leur volonté d’instaurer un dialogue politique sincère dans une perspective de renforcement de la démocratie, de  la bonne gouvernance et d’approfondissement de l’état de droit.

Mieux, du côté de la majorité, on a noté un  début de matérialisation de la tendance en faveur du dialogue, avec le message « indirect »  du président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, transmis à ses adversaires malheureux de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, par les soins de  Yahya Ould Ahmed Waghef, président du Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD-ADIL), ex premier Ministre, le lundi 7 juin dernier.

Episode suivi d’une réponse réservée de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), un collectif d’une dizaine de partis politiques. Oui au principe du dialogue, mais des exigences préalables  sur la forme et le fond

La  transmission de la proposition présidentielle  qui doit être officielle et solennelle.

Quant au contenu du futur dialogue, il faut forcément qu’il s’inscrive  dans  le cadre  de  l’accord de Dakar de juin 2009. Une entente entre 3 pôles politique,  qui a déjà balisé le chemin de la concertation entre  mauritaniennes, selon l’opposition.

En réalité, le Oui tout en pointillé de l’opposition est nourri par la crainte d’une nouvelle manoeuvre « politicienne » du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Cela,  à quelques jours de la tenue de la table ronde sur la Mauritanie  des bailleurs et partenaires au développement qui tient ses assises les 22 et 23 juin prochain à Bruxelles.

Ainsi,  Prés de 10 jours après la transmission du message, les choses n’ont guère avancé. Aucun nouvel acte en faveur de la concertation n’a été posé dans les 2 camps.

Pire, les différentes manifestations dont l’organisation est annoncée  à partir du mercredi 16 juin,  à la fois par la Coordination des Partis de la Majorité Présidentielle et Parlementaire  et par  le collectif de l’opposition, chacun dans son petit coin,  envoient autant   de signaux négatifs. Des faits présentant de forts gros risques d’écarter  la classe politique, et par conséquent le pays,  des sentiers d’un dialogue national inclusif et constructif.

Chacun dans sa bulle.

Les partis de la  majorité présidentielle et parlementaire organisent des journées de réflexion sur le thème général « dialogue politique : fins et objectifs » à partir du mercredi 16 juin (demain) au Centre International des Conférences de Nouakchott (CICN- Palais des Congrès).

Un forum au cours duquel plusieurs communications seront présentées par différentes personnalités : le dialogue politique (forme et objectifs), le dialogue politique majorité/opposition (objectifs et contraintes) et le rôle de la presse dans l’ancrage d’un climat de dialogue politique.

Des journées qui affichent le dialogue en bandoulière.

L’opposition est  y conviée. Une  invitation présentée comme un gage de bonne volonté et d’ouverture de la part de la majorité.

Considérant le forum comme une affaire purement « interne » aux soutiens du pouvoir,  le collectif  dirigé actuellement  par Ahmed Ould Daddah,  n’aurait pas l’intention d’y prendre part, si l’on se fie à certains indices.

Autre élément en béton armé,  rendant peu probable et même illusoire  toute idée de contribution de l’opposition à la réflexion qui sera organisée mercredi : dans  la même journée,  la COD  organise une marche pour protester contre les crise récurrentes qui traduisent « l’incurie » du pouvoir.

Ainsi, le tableau de la réalité politique mauritanienne en ce milieu de l’année 2010 renvoie l’image d’acteurs restant chacun dans sa bulle pour développer ses propres arguments sans jamais écouter ceux de l’autre.

Rien au delà des formules de bonnes intentions. En réalité le pouvoir  et l’opposition jouent au chat et à la souris en se livrant à de petits calculs d’épiciers avant la rencontre capitale de Bruxelles.

Dans de telles conditions, difficile, voire impossible d’envisager un débat de fond sur les problèmes d’un pays pourtant  confronté à d’énormes  défis politiques, économiques, sociaux et sécuritaires.

Amadou Seck, pour Sahara Médias.

 















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