Première du procès devant la cour criminelle des présumés auteurs de l'enlèvement de 3 otages espagnols: dénégations de Sahraoui et charges des autres


saharamedia
Mardi 20 Juillet 2010



La première journée du procès devant la  cour criminelle de Nouakchott d'une dizaine d'individus accusés d'être impliqués dans l'enlèvement de 3 otages espagnols, le 29 novembre 2009, sur la route Nouadhibou-Nouakchott (les 2 principales villes du pays), a débuté ce mardi au Palais de Justice de Nouakchott.

 

Un début marqué  par le renforcement des mesures de sécurité.

Quant aux débats, ils ont eu pour faits saillants les dénégations d'un Sahraoui, qui rejette toutes les accusations en bloc, et les propos devant la barre d'un Rag Ragui tendant à confondre le principal accusé présenté aux juges et jurés de la cour  criminelle.

La cour criminelle a auditionné en premier Omar Ould Hamma, alias sahraoui, un malien âgé de 52 ans et présenté par l'accusation  comme le principal exécutant de l'opération d'enlèvement des otages humanitaires espagnols. Cet homme  a nié tout lien avec Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), et avec le rapt des espagnols , arguant du fait qu'il se  trouvait  à Bamako au soir du 29 novembre 2009.

Il a ajouté avoir été "kinappé" en territoire malien par des éléments des forces de sécurité mauritaniennes et dénoncé des actes de tortures exercées sur sa personne.

Le deuxième individu à défiler devant la barre de la cour criminelle de Nouakchott est un certain  Rag Ragui. Celui ci  a reconnu avoir vendu 120 litres de Gasoil, de la nourriture et une importante quantité d'eau  à Sahraoui, et avoir été réglé en Euro, dans les environs de Nouadhibou (465 kilomètres au Nord de Nouakchott) quelques heures avant l'opération d'enlèvement.

D'ou une interrogation du représentant du ministère public, qui trouva curieux qu'un "simple bedoui" tel que se présente Omar Sahraoui éprouve le besoin de se régler une transaction en devises.

Un autre accusé, du nom de El Id Ould Lehbouss, de nationalité algérienne,âgé de 23 ans, a rejeté tout lien avec l'opération de rapt. Il servait de berger à un troupeau appartenant à Sahraoui avant son arrestation dans la ville de Selibaby (Sud-Est de la Mauritanie).

Un vieil homme du nom de El Boukhary, arrivé devant la barre sur chaise roulante, a poussé un grand  cri de fauve avant de tomber en syncope.

Son avocat a exigé une  audition ultérieure  dans des conditions "normales" et mis en cause de "difficiles" conditions de détention.

Quelques autres  accusés dans cette affaire sont jugés par défaut.Parmi eux le chef terroriste algérien Moctar Bel Moctar, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international de la part du juge mauritanien,  ayant instruit l'affaire,  resté infructueux.

Ce procès intervient à un moment ou la nébuleuse terroriste Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) exige la libération d'éléments détenus en Mauritanie en contre partie du relâchement de l'otage francais Michel Germano, enlevé au Niger et retenu au Nord Mali.

Allié de la France  et de l'Espagne dans la lutte contre le terrorisme, le gouvernement mauritanien a exclu toute idée de "marchandage" sur la question des otages.

Amadou Seck, pour Sahara Médias

 















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