Présumés assassins de touristes français devant les juges de la criminelle


saharamedia
Dimanche 23 Mai 2010



Le procès devant la cour criminelle d’une douzaine de présumés auteurs de l’assassinat de 4 touristes français prés d’Aleg (274 kilomètres au Sud- Est de Nouakchott) le 24 décembre 2007, débute ce dimanche.

Une affaire inédite, et avec un fort enjeu politique pour la Mauritanie et la France, bien au-delà de l’aspect purement judiciaire, selon l’avis de nombreux observateurs à Nouakchott.

Les accusés dans cette affaire : Maarouf Ould Haiba, Sidi Ould Sidina, Mohamed Ould Chabarnou…et une dizaine de présumés complices, tous détenus à titre préventif.

 

Une détention sur la base de plusieurs chefs d’inculpation « association de malfaiteur, appartenance à un groupuscule terroriste, port illégal d’armes, assassinat … ».

La particularité de ce coup : il n’a pas été revendiqué par la nébuleuse terroriste sous régionale Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), contrairement aux actes de violence de Lemhgeity, Al Ghalawiya, Tourine…..

Présenté sous cet angle, le sanglant attentat du 24 décembre 2007 apparaît comme le baptême de feu des alliés locaux de la nébuleuse islamiste sous régionale, portant une signature exclusivement « mauritanienne ».

Reste à savoir l’attitude des autorités de Nouakchott et de Paris devant ce dossier.

Lors de son passage à Nouakchott mercredi dernier, le secrétaire d’état français à la coopération et à la francophonie, Alain Joyandet, a-t-il évoqué l’affaire à l’occasion du déjeuner en tête à tête avec le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz ? Hypothèse hautement probablement, au-delà d’une déclaration lapidaire tirée dans la langue de bois du responsable gouvernemental français, dans laquelle il a juste évoqué quelques généralités liées à la sécurité et la coopération en matière d’énergie.

Doit -on- s’attendre à un verdict « corsé » de la cour criminelle pour donner l’exemple ?

La France ferait elle pression sur le pouvoir de Nouakchott pour pousser l’exécutif à réclamer une main moins lourde de la justice dans le sens d’une condamnation relativement clémente laissant la possibilité à « un marchandage » en vue de la libération d’un ingénieur français enlevé au Niger et actuellement détenu au Nord Mali par Al Qaida.

Un homme qui semble avoir la plus haute importance pour les services de Paris, au même titre que l’ancien otage Pierre Camatte.

Un cas de figure dans lequel Nouakchott se retrouverait dans la même posture que Bamako, il y a quelques mois, alors que la Mauritanie avait vivement critiqué le « laxisme » du Mali dans la lutte antiterroriste.

Autre inconvénient pour Paris dans cette affaire, les jeunes jugés dimanche ont fait des victimes françaises.

 















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