Proposition de dialogue du président Aziz : le Oui, conditionné de l’opposition


saharamedia
Jeudi 10 Juin 2010



Proposition de dialogue du président Aziz : le Oui, conditionné de l’opposition

Après une audience avec le  président de la République,  Mohamed Ould Abdel Aziz lundi, le président du Pacte National pour la Démocratie et  Développement (PNDD-ADIL), Yahya Ould Ahmed Waghef, ex premier Ministre, a transmis une proposition de dialogue du premier Magistrat  à la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), un collectif d’une dizaine de partis.

Les principaux responsables de l’opposition ont tenu un conclave mardi pour étudier le message du chef de l’état.

A l’issue de la réunion, le président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), Ahmed Ould Daddah, plusieurs fois candidat malheureux à une élection présidentielle, qui assume actuellement la présidence tournante de la COD, résume la position dégagée par le collectif.

Celui dit oui au principe du dialogue, mais « la proposition doit être transmise de manière solennelle et officielle, en vue d’un dialogue sincère pour sortir le pays d’une crise multiforme» sur la base de  l’Accord Cadre de Dakar (ACD).

Signé début juin 2009. l’accord cité en référence,  a permis l’organisation d’une élection présidentielle le 18 juillet 2009, synonyme de retour à l’ordre constitutionnel, après une rupture de la légalité nationale et internationale suite au putsch du 6 août 2009.

Cependant, au-delà de l’échéance électorale, ses clauses prévoyaient la poursuite d’un dialogue national inclusif pour des réformes en vue de l’approfondissement de la démocratie et de la mise en chantier d’un véritable état de droit.

Arguant  du refus de l’opposition de reconnaître sa légitimité, le pouvoir en place a mis un rideau sur le principe du dialogue : Dakar appartient au passé,  selon un discours prononcé par le président de la République, le 17 mars 2010, à l’occasion d’un rassemblement populaire dans la commune d’Arafat (une commune de la banlieue de Nouakchott).

Face à la nouvelle donne, aujourd’hui, la COD dit non à un dialogue « occasionnel » juste pour les besoins d’une image à polir dans la perspective d’une rencontre internationale.

La proposition de dialogue  du président de la République, rappelle-t-on, tombe à une quinzaine de jours de la tenue d’une table ronde des bailleurs sur la Mauritanie, prévue les 22 et 23 juin à Bruxelles. Une échéance capitale pour la mise en œuvre du programme de développement économique et social du pays et pour l’avenir de l’investissement au cours des 5 prochaines années.

Illustration, avec l’intensité activité diplomatique des dernières 48 heures marquées par une rencontre des ambassadeurs européens accrédités à Nouakchott, avec le premier Ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf,  lundi, et le président Mohamed Ould Abdel Aziz, mardi.

Face à ces derniers développements, la COD semble craindre un  nouveau « piège » pour un dialogue qui ne durerait que le temps d’une rose. Mohamed Ould Abdel Aziz étant jugé « peu fiable ».

En fait, différents responsables du collectif de l’opposition s’interrogent encore par rapport à la formule choisie par le président, qui a transmis son « invitation » par le biais de Ould Waghef. Mme si le parti de ce dernier est membre de la COD,  le chef de l’état, pensent-ils- aurait pu adopter une approche plus directe,  en tapant sans détour à la porte de la structure regroupant la dizaine de partis politiques.

Sauf si les relations personnelles, jugées très « cordiales et confiantes » entre Yahya Ould Ahmed Waghef et le président de l’Union Pour la République (UPR), Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, ont agit comme une espèce de « déclencheur » dans la nouvelle « dynamique ».

 















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