Quand l’aide servira-t-elle- au développement ?


saharamedia
Dimanche 18 Juillet 2010



Quand l’aide servira-t-elle- au développement ?

A propos de l’avenir des relations Europe  Afrique Victor Hugo, rapporté par le Monde avançait  déjà en 1878 que si l’Europe voulait devenir un nouveau monde, elle se devait d’y apporter la civilisation. Propos auquel l’analyste du journal ajoutait en substance que si la destinée politique est évidente, la destinée géographique en ce siècle est au Sud. Cet avertissent au vieux monde semble bien être entendu par le   président français  Nicolas Sarkozy qui annonçait vouloir en finir avec 50 ans de France Afrique et de faire de l’année 2010 la véritable année de la  décolonisation, lors du Sommet France Afrique en mai dernier à Nice, et qui regroupait la quasi-totalité des chefs d’états d’Afrique.

 

Cette idée a été corroborée par la présence de 12 chefs d’Etats africains aux cérémonies commémoratives du 14 juillet où on vit défiler des pelotons des armées respectives de ces Nations indépendantes officiellement depuis un demi-siècle.

Ces cérémonies fastueuses ont fait couler beaucoup de larmes et de salive, et réveillé les souvenirs d’Indochine et d’Algérie, de la résistance et chez nous les souvenirs de Trinquet, de Gouraud et autres Ouad labiadh, Oumtounsi, les rezzous et les colonnes de l’Adrar. Bref des pans entiers  d’histoire, de rapports controversés et plus récemment de rapports économiques et sociaux inégaux et hautement significatifs aux yeux des historiens des économistes et des hommes de bonne volonté.

Mais les souvenirs éveillés chez nous, hommes préoccupés par le progrès social et le développement à travers la lutte contre la pauvreté, l’ignorance et les inégalités, ce sont surtout ces milliards de tonnes de fer, de poissons , d’or et d’attentes inassouvies.

Des échanges de toute évidence inégaux ,mais voilà que l’Europe se réveille et avec elle la Communauté internationale pour clamer  la vitalité  de venir à la rescousse du monde sous développé  pauvre ,de lui venir en aide et ne serait ce que pour sauver l’humanité de la l’hécatombe nommée :famine, maladie, ignorance et injustice mais surtout la catastrophe naturelle engendrée par la péjoration climatique ascendante et son cortège désertification, manque d’eau ,destruction de terres arables,des écosystèmes,disparition des espèces avec en parallèle l’exode rural massif dans notre sous région et ses corollaires d’insécurité et de migrations à l’échelle mondiale.

Pour toutes ces raisons la communauté mondiale, voyant que nous pouvons sombrer sur le même bateau, a pris des initiatives au plan de l’aide bilatérale multilatérale et mondiale pour faire face à l’hécatombe à nos portes .Mais cette aide enclenchée il y a trois ou quatre décennies a-t-elle donné ses fruits, était elle suffisante, cohérente, pertinente ou juste ? La réponse est unanimement partagée par les gens objectifs et probes. C’est non ! Pour preuve :

En 2009 les 2/3 des Français estiment légitime que la France aide les pays en développement. Mais la vision d’une France en première ligne dans l’effort de solidarité internationale est largement erronée (Survie, le Monde) malgré l’amélioration de l’Institution Française Aide Publique au Développement (APD) sur certains points comme la prise en compte des besoins réels, ou encore le souci de la pérennisation des projets et  l’appropriation par les populations locales. Les critiques du processus de l’aide en général tournent autour de l’hiatus qui sépare le discours généreux et la réalité, l’opacité de la gestion souvent néfaste et contreproductive. Ainsi la solidarité en principe désintéressée ne profite guère au développement, à la lutte contre la pauvreté et aux conséquences fâcheuses du réchauffement climatique auxquels s’impliquent constamment les ONG nationales, malgré l’insuffisance des moyens.

D’ailleurs aux distorsions déjà évoquées en amont, au niveau des donateurs, se greffent des obstacles plus pernicieux au niveau des autorités locales. Les Institutions nationales s’accaparent d’une façon ou d’une autre des financements et de l’ensemble des agrégats de l’aide et la déroutent des destinations initiales, c’est-à-dire les ONG et les populations.

Il s’établit avec certains partenaires une complicité mortelle  pour les ONG nationales qui sont de fait exclues des marchés pour des raisons fabriquées de toute pièce comme l’incompétence, l’insuffisance d’expérience et de moyens .Il s’établit une complicité entre autorités locales et certains guichets internationaux qui modélisent à leur gré les canevas des études et finissent par les tailler aux mesures de leur clientèle devenue ainsi traditionnelle.

Du reste la confection des études et des canevas se fait en dehors de toute concertation avec les ONG qui sont en contact permanent avec les populations cibles et ce sont elles également qui connaissent le mieux les réalités nationales, la pertinence des projets et les priorités des populations

En définitive cette aide qui ne profite souvent qu’aux représentants des donateurs ou de leurs représentants nationaux vient, au lieu d’impulser le développement, créer des dysfonctionnements économiques et sociaux aux conséquences souvent catastrophiques puisqu’ à la limite elle intervient pour déstabiliser les ressources traditionnelles sans pour autant participer à la mise en place de moyens financiers, techniques et logistiques de nature à impulser le progrès. Et ce au dam de l’objectif principal à savoir  favoriser le développement économique et l’amélioration du niveau de vie des pays pauvres et donc des populations les plus déshéritées.

Mais surtout, ce sont les composantes et l’efficacité de cette aide qui sont en question car la part directement affectée à la lutte contre la pauvreté et les conséquences du réchauffement climatique  reste insignifiante. Quand on y ajoute les disparités des projets, la lenteur de l’octroi, l’abus des pouvoirs des représentants des donateurs et l’opacité dans la gestion au niveau local on trouve la réponse du rachitisme des ONG locales.

Il est donc urgent de :

- Repenser les fondements du financement du développement dans le sens de l’augmentation du volume alloué aux ONG nationales et faciliter l’accès et les conditions de l’exécution des projets :
-   Favoriser l’accès des ONG nationales à l’aide assouplie et en l’absence des modèles compliqués importés, au lieu  d’être à la portée d’une société civile pratique, pertinente mais non forcément experte au sens où l’emploient les sphères développées;

Source Info ONG Agir en Faveur de l’Environnement (AFE)

Journal Chemsiyatt

Boumouzouna

 















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