RENCONTRE DE LA SOCIETE CIVILE AVEC LE MINISTRE : HEUREUSES CONCORDANCES


Saharamedias/Nouakchott
Samedi 1 Novembre 2014


Une grande première, celle de la rencontre, vendredi matin, entre les représentants de la société civile et le ministre de tutelle. Tutelle s’entendant, ici, dans son sens administratif et non paternaliste car, pour le ministre, la Société Civile mauritanienne est devenue majeure et capable.


RENCONTRE DE LA SOCIETE CIVILE AVEC LE MINISTRE : HEUREUSES CONCORDANCES
A cette rencontre ont assisté des représentants des OSC tous azimuts : associations, ONG, coordinations, coalitions, réseaux, forums, plateformes, cyber forums, clubs, groupes thématiques, et j’en oublie. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, toutes catégories sociales et toutes composantes culturelles confondues, tout ce beau monde hétéroclite, divers et composite était de la partie.
Gai, affichant une forte assurance en soi, sans toutefois prendre de grands airs, le ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile était là, entouré de ses proches collaborateurs, prêt à faire passer son message et prompt à  jouter, comme à l’accoutumée,  ceux des participants qui se montreraient grisés par leur talent ou imbus de leur personnalité.
Rompant avec une tradition devenue ambiante – et donnant généralement lieu à des « chamailleries » entre acteurs associatifs et certains hauts responsables de l’Etat se livrant souvent à un véritable dialogue de sourds et se regardant, parfois, en chiens de faïence - les échanges entre le porte-parole du gouvernement et les représentants des OSC ont abouti à des concordances heureuses frôlant la complicité et l’intelligence.
Première concordance : L’importance de cette rencontre, la première du genre, entre les représentants des OSC et le ministre chargé, au sein du gouvernement, des relations avec la société civile. Les deux parties ont exprimé, chacune, sa très forte satisfaction et ont émis le désir d’œuvrer pour un partenariat utile et fructueux.
Deuxième concordance : l’impérieuse nécessité d’impliquer la société civile dans toutes les étapes de la campagne de nettoyage de la ville de Nouakchott, depuis la conception jusqu’au suivi-évaluation, en passant par la mise en œuvre. Force vive et acteur incontournable, la société civile est capable de jouer un rôle de premier plan dans cette opération de salut public, elle qui a pour vocation principale de servir les citoyens.
 Si pour le Ministre, cette contribution doit se manifester, dès samedi matin par la présence massive au niveau de Riadh, pour les acteurs associatifs, cette action doit s’inscrire dans la durée suivant un plan d’action bien structuré dont l’objectif ultime est d’assurer le nettoyage quotidien et durable de tous les quartiers des neuf moughataa de la capitale. Même volonté, même objectif, exprimés de manière certes nuancée.
Troisième concordance : Le constat que le grand mal qui ronge notre société mauritanienne n’est autre que la très forte propension à l’usurpation des identités, ou plus exactement à l’usage d’identités fausses ou fictives. Selon le ministre, aucun domaine n’est épargné, car cet usage va de la glorification d’un arbre généalogique douteux, à l’étalage de succès illusoires, ou encore à l’exhibition d’une richesse qui n’existe que dans l’imaginaire.
Là aussi le ministre, qui n’a point mâché ses mots, a suscité un vif applaudissement de la part d’un public à qui l’insinuation ne pouvait échapper, surtout qu’en vrai professeur d’Université Mr Izid Bih n’a pas tardé à donner l’exemple de médias ou d’associations n’existant que sur papier, le simple récépissé tenant lieu et place de structures effectives et opérationnelles. Surpris sûrement par le degré de franchise de leur interlocuteur, certains assistants n’ont trouvé d’autre dérobade que d’acquiescer, reconnaissant l’amère réalité.
Quatrième concordance : L’obligation, pour la société civile, de préserver son indépendance par rapport au gouvernement et aux formations politiques. Exprimée nettement par certains intervenants, le ministre n’a cessé de répéter que le fait de garder sa distance s’impose pour plus de crédibilité et d’efficacité.
Cinquième concordance : L’opportunité, pour la société civile, de rencontrer le président de la République. Faut-il le rencontrer avant ou à la suite de journées de concertation ? La réponse est d’autant plus embarrassante que la société civile manque, à l’heure actuelle, d’une structure représentative de toutes ses familles et de toutes ses obédiences et qu’il n’y a, à présent, de l’aveu aussi bien du ministre que des participants, aucun consensus autour de leaders susceptibles de parler en son nom.
La solution résiderait, peut-être, dans l’adoption, dans les meilleurs délais, de la loi relative à la Société Civile dont le ministre est en train d’examiner, présentement, l’avant-projet ; loi attendue incessamment par les acteurs associatifs et les partenaires techniques et financiers.
 NOUAKCHOTT  31 OCTOBRE  2014
 
    MOHAMED ABDALLAHI BELLIL














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