Ramadan : Face à la flambée des prix, des familles mettent une croix sur certaines dépenses


saharamedia
Mardi 2 Août 2011



En ce début du mois béni de Ramadan, les marchés de Nouakchott, notamment ceux où l’on s’approvisionne habituellement en produits alimentaires, affichent plein de visiteurs.

Que l’on soit père de famille ou ménagère, l’on est obligé, en ces premiers jours, de venir se ravitailler pour quelques jours, malgré la flambée vertigineuse des prix et la grève des chauffeurs de taxis.

 

De longues files se sont ainsi formées devant les boutiques où les produits essentiels, comme la farine, les dattes, le sucre et le lait, sont vendus à des prix que d’aucuns trouvent très élevés en ce Ramadan pas comme les autres, le gouvernement ayant décidé de continuer l’opération « Solidarité 2011 » en lieu et place de celle qu’il mettait en œuvre habituellement pour atténuer l’impact de la hausse des prix sur les populations.

Mariem, qui a déclaré au reporter de Sahara média venir de Hak Saken, s’en est prix violemment au gouvernement qui « n’exerce aucun contrôle sur les prix pratiqués par les commerçants », explique-t-elle. Et pour prouver ce qu’elle dit, la bonne dame affirme avoir acheté le kilogramme de farine de blé à 350 UM, « ce qui est loin d’être à la portée des portefeuilles de citoyens qui sont pour la plupart pauvres », ajoute-t-elle.

Et Moustapha, qui était à la recherche de prix plus bas, de se demander : « comment un fonctionnaire dont le salaire est de 40.000 UM peut-il faire face à cette flambée des prix » ? Et cet homme de poursuivre : « Je suis venu avec 2000 UM en poche pour me procurer le « besoin » d’une journée mais c’est loin d’être évident. Je serai obligé de mettre une croix sur certains achats que j’avis programmés ».

Ainsi le sucre, qui est largement utilisé au cours du mois béni de Ramadan, a vu son prix grimpé à 300 UM. De même que pour les dattes dont la qualité moyenne se négocie à 1000 UM le kilogramme.

Et un acheteur de commenter à Sahara média : « malgré que les dattes proviennent de divers coins du pays, mais également importées par des commerçants et distribuées par l’Etat qui reçoit très souvent des aides de pays comme l’Arabie saoudite, leur prix ne baisse pratiquement pas, donnant ainsi raison à ceux qui pensent qu’il y a souvent une entente illicite entre les commerçants mauritaniens pour saigner à blanc les pauvres consommateurs. Au vu et au su des autorités ! »

Venir, voir et… fuir

La loi du marché fonctionne ici à merveille. La forte demande de produits largement consommés en ce mois béni de Ramadan, malgré l’offre satisfaisante, n’influe pourtant pas sur les prix que dans le sens de « toujours plus haut ». Ainsi, le sac de pommes de terre couplé avec celui d’oignons, se vend à 9000 UM alors qu’il était à 6000 UM il y a deux jours seulement !

Pour Brahim, père d’une famille de 5 membres, la seule solution consiste à remplacer le traditionnel « tajine » par autre chose, même s’il ne sait pas encore quoi.

En ce mois, les mauritaniens, dans leur écrasante majorité, délaissent des mets faits à base de riz. Malgré cela, le prix de ce « produit national » ne baisse pas. Le Ramadan ne dure qu’un mois et les citoyens seront contraints à revenir à leurs habitudes alimentaires. Celles qui durent 11 mois sur 12 !

Certains expliquent la flambée des prix par la hausse du prix des hydrocarbures dont la dernière en date a fait passer le litre de gas-oil à 312 UM et celui de l’essence à 378 ouguiyas ! Même si les pouvoirs publics ont tendance à « se justifier » en évoquant la crise économique mondiale, les citoyens protestent toujours contre de telles augmentations qui grignotent encore sur leur pouvoir d’achat déjà très faible.

Opération Ramadan

Pour faire face à une telle situation, caractérisée par une flambée généralisée des prix, les pouvoirs publics ont ouvert des boutiques vendant à des prix subventionnés dans les quartiers à forte concentration de pauvres. L’opération Solidarité 2011, qui court ainsi depuis 8 mois sur l’ensemble du territoire national, a été prolongée pour continuer la mission que jouaient, dans les années précédentes, l’opération Ramadan.

Pour Abdallahi, gestionnaire d’une boutique de solidarité, l’opération cette année a même permis aux populations d’avoir accès à des produits nouveaux comme les macaronis, les pommes de terres et l’huile. Il s’est empressé de faire, pour Sahara média, une comparaison entre les prix pratiqués dans ces boutiques et ceux du marché, précisant que l’écart peut atteindre jusqu’à 80%, en faveur des premières.

Mais toujours est-il que pouvoir bénéficié de ces produits relève, là aussi, du parcours du combattant : l’offre est loin d’être suffisante – certains parlent même de rationnement à l’ancienne URSS – et les files d’attente s’étendent à perte de vue.

 















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