Réflexions sur l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques en Mauritanie


Sahara Médias - Nouakchott
Lundi 7 Janvier 2013



Réflexions sur l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques en Mauritanie
Malgré ses aspects positifs, l’interdiction de l’utilisation du sachet plastique dans le pays, décidée en ce début de 2013, suscite un certain nombre de réflexions chez la société civile et particulièrement chez les ONG Nationales, telle la nôtre, l’ONG AFE, qui sont actives dans le domaine de l’environnement, du développent durable, de la réhabilitation du milieu et la lutte contre sa dégradation.
 
Et pour cause ! Cette décision a été, d’abord, prise unilatéralement par les autorités étatiques, sans concertation avec les parties prenantes : les industriels eux-mêmes, les populations qui les utilisent par millions, les commerçants et surtout les ONG Nationales environnementales qui sont les mieux désignées et les plus à même pour assurer une sensibilisation efficace en tandem avec les autorités qui ont pris cette initiative. Son application serait donc inefficace et les objectifs escomptés seraient en deçà des attentes.
 
Ensuite, cette décision unilatérale est manquante puisque les industriels qui, ont investi se voient de fait biaisés, abusés en raison de l’absence de concertation et de répit dans le but de leur permettre une conversion équitable et aux consommateurs des alternatives que la société civile aurait pu modérer en un laps de temps raisonnable et concerter avec les populations des alternatives écologiques, durables et peut être génératrices de revenu, comme par exemple l’utilisation des paniers d’antan.
 
En outre cette décision hâtive illustre parfaitement l’attitude que nous avons constamment critiquée chez les autorités publiques et notamment le ministère de l’Environnement qui consiste à négliger la vérifiable application de la loi environnementale et les conventions internationales entérinées par le pays, créant ainsi une situation malsaine où règne la confusion et l’impunité, malgré la clarté de la loi. Le Ministère se décharge donc sur les autres départements, instaurant de facto un télescopage de prérogatives systématique et inextricable où disparaît toute responsabilité et donc toute poursuite. D’ailleurs à notre avis, et quoique positive par principe et en pratique, cette initiative n’est pas la seule prioritaire au regard de la catastrophe écologique engendrée par l’exploitation minière et notamment ferreuse, aurifère et gravière (cette dernière est particulièrement dangereuse pour nos pâturages) qui charrie le pays de long en large avec le chapelet de maux tristement célèbres : produits toxiques, poussières, dénivellement, défloration végétale et pollutions maritime et urbaine.
 
Enfin, les ONG Nationales de développement durable reprochent aux partenaires techniques et financiers des politiques et des comportements paradoxaux.
En principe les accords, les conventions et les financements concédés devaient s’investir par le truchement en grande partie des organisations de la société civile en concertation et ce, autant en amont qu’en aval, en passant par la mise en œuvre et le suivi-évaluation, comme cela se passe dans leurs pays respectifs.
Malheureusement, nombre d’enveloppes financières destinées à des thématiques données sont soient détournées de leur trajectoire si elles ne reviennent à la case de départ parce que non utilisées, soient tues par des points focaux à l’insu de l’administration, sans doute dans le vain espoir d’en tirer quelque profit. Une réalité qui n’est pas passée inaperçue lors d’une récente visite d’experts européens venus s’enquérir de quelques subventions versées à l’Environnement.
 
Au lieu de cela, les partenaires travaillent en tandem avec le gouvernement dans l’opacité manifeste et à bien des égards, le clientélisme pour nous limiter à cela.
Par exemple nous avons élaboré avec le guichet GRET une étude rénovant sur le sujet plastique biodégradable, mais il n’eut pas de suite et les exemples d’études qui disparaissent dans les paniers des guichets en Mauritanie sans suite est incommensurable malgré leurs pertinences et les opportunités qu’elles pouvaient offrir aux populations gangrenées par la sécheresse et l’extrême pauvreté, la maladie et l’ignorance.
 
                                                                                                                                                                                                  BOUMOUZOUNA














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