Repenser l’agriculture


saharamedia
Jeudi 10 Juin 2010



L'éditorial du quotidien "Biladi" n° 525

Les campagnes agricoles se succèdent depuis des décennies et se ressemblent. Une forte volonté publique pendant la préparation et des résultats insignifiants lors des récoltes. Faut-il attendre, cette fois-ci, des résultats meilleurs de la campagne agricole que vient de lancer le Président de la République qui s’est rendu à Rosso pour sacrifier à la tradition ? Pour répondre à cette question posée par toute l’opinion, il est utile de revenir sur un certain nombre de points importants concernant l’activité agricole, en général.

 

 

Il y a d’abord l’effort financier important consenti par l’Etat. Selon le ministre du Développement Rural, intervenant à l’occasion de la visite du Président, le gouvernement a affecté une enveloppe d’environ quatre milliards d’ouguiyas pour aider à la réussite de la présente campagne. Une aide financière “historique” dans les annales de l’agriculture.

En plus de cela, l’Etat avait effacé, au profit des agriculteurs, les intérêts, une grande partie de la dette principale et a échelonné la partie restante sur plusieurs années, avec un délai de grâce pour le début du remboursement.

Malheureusement, cet effort public important risque fort de ne pas être récompensé par de grandes récoltes. Des raisons objectives expliquent bien cette mauvaise perspective. L’une d’elle a été évoquée par le ministre du Développement Rural dans son discours, hier, mercredi 9 juin, à Rosso. Il a souligné l’absence d’une stratégie cohérente de développement dans le secteur agricole. Ce qui veut dire que l’Etat continue de naviguer à vue.

Par rapport à la présente campagne, certains agriculteurs regrettent que la subvention pour les semences et pour les engrais ait été confiée à un intermédiaire et non pas aux professionnels du secteur directement. Ce “détour” rend les produits moins bons et plus chers qu’ils sont au Sénégal voisin où certains s’approvisionnent à partir du marché noir.

Autres incohérences : l’absence de mécanisme de commercialisation et d’assurance contre les catastrophes. Ces deux points importants ne font pas partie des préoccupations des pouvoirs publics chez nous.

Enfin, l’objectif déclaré en matière d’aménagement et d’exploitation, ciblant plus de 20 mille hectares, est pour le moins exagéré. Les données déjà disponibles sur le terrain démentent catégoriquement ce pronostic.

Alors, à quoi bon s’entêter à continuer cette politique volontariste qui ne profite pas au développement de l’activité agricole et qui ne mène nulle part?

 















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