S’entendre pour vivre


saharamedia
Dimanche 30 Mai 2010



Editorial du journal "Biladi" de n° 516

Ce n’est pas une impression, c’est une réalité : Plus de dix mois après l’élection présidentielle qui avait mis fin à la crise politique née du putsch du 6 août 2008, on est toujours à la case départ. Ou pire !

 

En effet, le fossé continue de se creuser entre le président Aziz et son opposition et aucun compromis ou accord politique ne semble pointer à l’avenir. Les déclarations incendiaires fusent de tous les camps et l’appréciation de la situation par les deux bords paraît divergente et inconciliable. On n’a pas besoin d’être sorcier ou magicien pour voir qu’on va directement vers la confrontation. Une situation qui ne fera le bonheur de personne, ne fera ni vainqueur ni vaincu, et qui met sérieusement en danger la pérennité du pays et compromet toutes les chances de son développement pour la simple raison que tous les talents sont mis à contribution dans la guerre. Et rien d’autre.

Face à cette situation, il est du devoir de chacun de revoir ses ‘‘fondamentaux’’. Le pouvoir, encore maître de la situation, s’il veut encore incarner durablement l’espoir qu’il estime représenter, il lui faut accepter de lâcher du lest et de ‘‘descendre’’ pour négocier avec ses adversaires. Même si, dans son entendement, ces derniers ne représentent strictement rien. Les leaders de l’opposition, de leur côté, et quelque soient leurs frustrations et l’analyse qu’ils se font de la situation, doivent avoir à l’œil le rapport actuel des forces et demeurer modestes.

En plus de la préservation de la quiétude et de l’intérêt général, chaque camp peut trouver son compte dans le dialogue et la négociation. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout faire pour former un gouvernement d’union nationale ou que la majorité doit se sentir obligée de partager son pouvoir avec l’opposition en lui cédant quelques fonctions publiques. Non, cela n’arrangerait rien s’il ne s’inscrit pas dans une approche positive pour l’avenir. Ce qu’il faut est plus simple que cela et ne requiert qu’une portion de franchise et d’honnêteté. On sait bien que le président Aziz a besoin d’être reconnu par les autres acteurs politiques. Ne serait-ce que pour savourer pleinement sa victoire. Contre cette reconnaissance, l’opposition pourrait être compensée par une chose simple : être rassurée sur l’avenir du processus démocratique, particulièrement sa transparence.

En d’autres termes, cela demande une refonte totale des listes, des cartes d’électeurs, de la loi électorale, des cartes d’identité… A priori personne n’est contre cela, mais en réalité, côté pouvoir, on n’est jamais très chaud pour le faire.

Pourtant, c’est une piste facile pour dépasser nos problèmes politiques, base de tous nos malheurs, pourvu que les deux camps réussissent à vaincre leur égo et leurs sentiments repectifs de vengeance ou de règlement de comptes.

 















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