S’entendre pour vivre


saharamedia
Mercredi 23 Juin 2010



L'éditorial de Biladi n° 533

Table ronde de Bruxelles. Depuis quelque temps, on ne parlait que d’elle ! Le gouvernement, dont les caisses sont vides, mise beaucoup sur ce conclave pour obtenir les ressources financières qui lui permettraient, comme on dit, de joindre les deux bouts. Surtout faire face aux dépenses de fin des mois, particulièrement les salaires. On estime même que si la réunion de Bruxelles n’apporte pas, et de manière urgente, de nouveaux financements, le trésor ne sera pas en mesure de payer aux fonctionnaires, mensuellement, l’indemnité de non logement qui entre en vigueur dès la fin du mois prochain. D’ailleurs, le département concerné étudie déjà l’hypothèse de la verser tous les trois mois afin de diminuer la pression actuelle sur les finances de l’Etat. Tout cela nous montre combien la table ronde de Bruxelles est importante pour le pouvoir.

 

 

Afin de convaincre ses partenaires, surtout les occidentaux, à mettre la main à la poche, le premier ministre a voulu faire valoir des arguments qu’il estime être de taille : position géostratégique privilégiée dont dispose le pays, menaces de développement des groupuscules terroristes et des réseaux d’émigration vers l’Europe, à cause de la pauvreté estimée à plus de 40% de la population…

Cet état des lieux n’est pas du tout exagéré et correspond peut-être bien à la réalité. Mais est-ce qu’on peut y remédier uniquement par l’octroi de financements généreux au régime actuel. Certainement pas. La Mauritanie a besoin, d’abord, de mettre en place un système politique fiable qui convainc tous les partenaires politiques et dans lequel chaque citoyen se reconnaît. Cela a au moins l’avantage de mobiliser tout le monde contre toutes les menaces qui pèsent sur le pays et qu’aggravent généralement les crises politiques.

Alors qu’est ce qui empêche notre classe politique, dont les divergences avaient déjà fait perdre beaucoup de temps et d’opportunités au pays, d’aller à l’essentiel et de vaincre ses petites réticences et autres complexes ? Il est vrai que chaque camp appelle verbalement et seulement du bout des lèvres à des retrouvailles nationales. Et travaille dans le secret pour torpiller toutes les initiatives et tentatives de rapprochement entre le pouvoir et l’opposition.

La Mauritanie est un pays faible qui a besoin de la conjugaison des efforts de tous ses citoyens pour faire face aux grands défis qui sont la pauvreté, l’insécurité et la violence qu’elle soit provoquée par le terrorisme ou par le trafic de la drogue. Le pouvoir, quelque soit sa force, ne peut point, à lui seul, affronter ces problèmes. De même, l’opposition ne gagnera strictement rien si le pays bascule dans l’insécurité. Il est grand temps que chacun des bords politiques comprenne qu’il a besoin de s’entendre avec l’autre sur le minimum nécessaire pour sauvegarder la pérennité et la cohésion de l’entité mauritanienne.

 















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