Sahara média à l’aéroport de Tombouctou : Lutte d’influence entre factions armées


saharamedia
Vendredi 29 Juin 2012



aéroport de Tombouctou (photo: Starafrica)
aéroport de Tombouctou (photo: Starafrica)

L’aéroport de Tombouctou, qui fut, longtemps, le rêve d’un développement touristique jamais réalisé, retrouve un calme précaire après le retrait des combattants du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).

L’aéroport, qui paraissait vide de toute activité, reçoit deux véhicules d’Ançar Edine, annonçant le début de la maitrise de ce lieu stratégique par cette faction islamiste qui vient de mettre un terme à la présence du MNLA qui date de début avril 2012.

 
A Kabra, le stock d’approvisionnement de la région pour une année, presque vide, et tout près de là, se trouve la zone de « Kourbami », près du fleuve, toutes deux des zones habitées et cette dernière étant dotée de bacs de transport.
 

Les habitants de la zone de « Kabra », à quelque 4 km de l’aéroport, se préparent à s’adapter à la nouvelle situation, celle qui voit le mouvement islamiste assurer sa mainmise sur les choses.

Une jeune fille noire cherchant un couvre-chef pour obéir aux injonctions des membres de la mouvance islamiste exigeant de respecter les valeurs morales comme cela a déjà cours dans toutes les zones tombées sous sa coupe.

Un élément d’Ançar Edine s’affaire en brûlant le drapeau que le MNLA avait dressé en tant que symbole de l’Etat de l’Azawad dont il avait annoncé la création le 6 avril dernier. Et au bout de quelques minutes, les couleurs du drapeau vert, rouge, noir et jaune étaient mangées par le feu, et transformées en cendres éparpillées par le vent et remplacé par l’emblème noir avec des lettres blanches d’Ançar Edine.

Le soufisme, le tabac et le romantisme

Nous étions le seul média à avoir atteint l’aéroport de Tombouctou juste après qu’il fut évacué par les combattants du MNLA et avant l’arrivée sur les lieux de ceux d’Ançar Edine. Ces magasins paraissaient vides sauf des planches qui protègent ses magasins de l’humidité et que les enfants commençaient déjà à piller quand ils prirent la fuite en nous voyant arriver croyant avoir affaires à des éléments d’Ançar Edine.

Les filles du quartier apprennent la fuite des combattants du MNLA et l’arrivée de ceux d’Ançar Edine et accueillent cette nouvelle avec une certaine inquiétude. Elles regagnent aussitôt leurs domiciles et cherchent de quoi couvrir leurs têtes. Et alors que certaines s’attardent à regarder ce qui se passe, la plupart disparaissent derrière les murs.

De l’autre côté de la rue, un homme du quartier regardait avec prudence. Une femme le côtoie, et lui lance des mots d’amour. L’homme répond : « ce genre de discussion entre hommes et femmes est désormais banni dans les rues à partir de cette nuit, quand Ançar Edine sera là ».

Un autre homme fumait avec délectation et quand il apprend qu’Ançar Edine interdise le tabac, il entre dans un grand effroi provoquant le rassemblement d’une foule, dont un chef d’un courant soufiste égrenant son chapelet. Un jeune de la zone leur expliquait qu’Ançar Edine ne s’en prennent à personne injustement mais qu’ils n’acceptent pas qu’on déroge ouvertement aux bonnes mœurs.

Une jeune fille répond : « nous avons entendu qu’ils ont frappé à Tombouctou un homme âgé simplement parce qu’il fumait et que tout pour eux est interdit, nous les craignons ». Des questions fusaient de l’assistance et le jeune tentait de répondre. A la fin, ils l’ont remercié vivement pour avoir apaisé leurs craintes et expliqué pour eux ce qu’il faut éviter pour ne pas subir le courroux d’Ançar Edine.

Le cheikh soufiste ne semble pas avoir compris ce que le jeune homme tentait d’expliquer, disant qu’il rentrait Tombouctou avec son chapelet et n’a jamais été inquiété pour cela par Ançar Edine.

De son côté, le fumeur montre son mécontentement, affirmant qu’ils n’ont « jamais été inquiétés par le MNLA et qu’Ançar Edine qui battent à mort un vieil homme leur font peur », selon son expression. Il dira que laisser le tabac subitement est mauvais pour la santé tout comme fumer. Mais le jeune homme lui explique l’homme qui a été puni à Tombouctou a défié l’autorité d’Ançar Edine interdisant un tel acte dans la rue et a même insulté le membre du mouvement qui lui a demandé de cesser.

Un autre demande s’il est vrai qu’Ançar Edine interdisent la télévision, et le jeune homme de lui répondre : ils n’entrent pas dans les domiciles et il y a des milliers de téléviseurs dans les maisons à Tombouctou dont les propriétaires ne font l’objet d’aucune vexation.

Une journée consacrée à Allah

Sened Ould Bouama Etouboucti, le responsable de la communication d’Ançar Edine a déclaré à Sahara média que c’est une « journée parmi celle d’Allah » qui consacre le prestige des musulmans. Il a ajouté : « Pour nous, c’est une journée qui doit être faite de soumission et de modestie », précisant que ceux qui refusent l’application de la chari’a, dans une allusion on ne peut plus claire au MNLA, ont choisi la marginalisation et ont été damnés pour cela.

Il a déclaré : « nous voilà dans la zone de Kabra, après avoir dépassé l’aéroport, et nous poursuivront vers la zone du port où se trouvent les bacs ».

De son côté, Ammar Ould Hamah, chef opérationnel d’Ançar Edine, a déclaré que, grâce à l’aide d’Allah, les combattants du mouvement ont atteint l’aéroport de Tombouctou et qu’il ne reste plus trace des éléments du MNLA », selon son expression.















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