Sahara média publie le communiqué de la « qatiba » (bataillon) des enturbannés


saharamedia
Lundi 2 Juillet 2012



Sahara média publie le communiqué de la « qatiba » (bataillon) des enturbannés

La « qatiba des moulethemin » (bataillon des enturbannés), d’Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) a publié un communiqué signé de son chef Khaled Abou El Abass (Bellaouar) qui relate ce qu’elle qualifie « d’éclaircissements de certains points importants des derniers accrochages entre les moudjahidines et le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) dans la ville de Gao.

 

La « qatiba » indique, dans un communiqué dont Sahara média a reçu une copie, qu’elle cherche à relater les faits « pour informer la umma (communauté musulmane) et éviter toute déformation de la réalité ».

 

Les raisons de la présence

Cette « qatiba », bien connue au niveau d’AQMI, a commencé son récit en expliquant les raisons de sa présence à Gao, ville qui a connu de violents accrochages, la semaine dernière, affirmant que c’est pour « préserver la sécurité des habitants et l’intérêt général ».

Elle affirme avoir œuvré également pour « éviter tout accrochage entre les différentes factions armées présentes dans la ville », ajoutant qu’elle a « tout fait pour y parvenir ».

Elle a déclaré « qu’après s’être assuré que toutes les factions armées ainsi que les habitants de la ville commencent à vivre dans une certaine sérénité, et que la vie revient à la normale », malgré « quelques dépassements dont sont responsables des éléments du MNLA »/

Le mardi des manifestations

La ville de Gao a connu, le mardi 26/06/2012, des manifestations organisées par les habitants pour protester contre l’assassinat du directeur d’une école tué par des inconnus. Les manifestations ont demandé le départ de la ville des combattants du MNLA soupçonnés d’être impliqués dans cet incident.

La « qatiba » déclare avoir été surprise par les coups de feu à balles réelles tirés par les éléments du MNLA, à partir du toit de leur quartier général, sur des manifestants dénonçant la mort du directeur d’une école. Elle affirme que deux personnes ont été tuées et que treize autres ont été blessées au cours de cette manifestation. La « qatiba » indique qu’elle s’est vue « obligée d’intervenir sans tarder pour arrêter ces tueries perpétrées contre des musulmans, réussissant être une barrière entre les combattants du MNLA et les manifestants tout prêts d’en découdre ». Elle poursuit la relation de ces événements en déclarant que ses combattants « ont été la cible de tirs qui ont atteint l’un de leurs véhicules mais qu’ils ont réussi à garder leur sang froid », selon les termes du communiqué.

La « qatiba » conclut sa relation des faits sur le « mardi des manifestations » en disant qu’elle a réussi « à convaincre les manifestants révoltés à regagner leurs domiciles en leur suggérant de s’en remettre à la justice et demandant, en même temps, au MNLA de remettre les coupables au cadi ».

Le mercredi noir

En ce jour, la ville de Gao a connu des accrochages violents entre le MNLA et les groupes islamistes armés. A ce sujet, la « qatiba » des enturbannés déclare : « la matinée du jour suivant, nous avons eu écho de nouveaux accrochages aux abords du quartier général du MNLA ayant pour cause une dispute entre des éléments du Mouvement et un groupe de moudjahidine dont la voiture a été arrêtée, sans raison, avec la mort d’un de ses occupants atteint d’une balle tirée du toit du QG du MNLA ». Les accrochages s’en sont suivis aussitôt, note la « qatiba » qui ajoute que de certains de ses éléments ont intervenu pour évacuer les morts et les blessés vers l’hôpital après avoir reçu l’assurance du MNLA que le cessez-le-feu sera observé. Mais, poursuit-elle, « dès l’arrivée sur les lieux des premiers véhicules, ils ont essuyé des tirs nourris provenant des toits des maisons où se trouvent les combattants du MNLA, provoquant la mort de l’un des nôtres, ce qui nous persuadé que nous avons échappé à un traquenard », note la « qatiba ». Elle poursuit en disant que, face à une telle situation, elle a décidé :

-          De circonscrire les lieux d’où partent les coups de feu et d’arrêter leurs auteurs de tueries des musulmans et des moudjahidines ;

-          Lancer un appel à ceux qui étaient dans ces lieux pour se rendre sans crainte s’ils cessent de se battre;

-          Prendre d’assaut les lieux en entrant dans une confrontation directe avec les occupants que nous avons réussi à appréhender ;

-          Nous avons fait prisonniers certains éléments du MNLA alors que d’autres ont réussi à pendre la fuite et à se diriger vers l’aéroport de « Garagoussou » à Gao ;

-          Enterrement par la suite des morts des deux côtés et acheminements des blessés vers l’hôpital pour y subir les soins ;

-          Des ordres ont été donnés pour traiter convenablement tout celui qui se livre sans combat ;

-          Autorisation donnée aux combattants du MNLA retranchés dans l’aéroport pour le quitter de crainte de la reprise des hostilités au jour suivant et pour préserver la vie des musulmans.

Ce n’est pas une déclaration de guerre

A la fin de sa narration des évènements la « qatiba » des enturbannés a indiqué que le recours à la force « était par nécessité et limité dans le temps et dans l’espace », précisant qu’elle ne visait pas, par cet acte militaire, une déclaration de guerre contre quiconque, comme l’a insinué un dirigeant du MNLA mais simplement la volonté de mettre un terme à l’injustice, la répression et l’assassinat prémédité dont l’origine était le QG du Mouvement ».

Elle a ajouté : « nous n’avons été et nous ne serons jamais les protagonistes d’une lutte païenne entre clans politiques ou ethniques ou régionaux étant soumis en cela à l’Islam, contrairement à ce que prétendent ceux qui mettent cette lutte sur le compte d’une rivalité supposée entre Touaregs et Arabes ».

La « qatiba » a appelé tous les notables et ulémas de la zone, ainsi que les hommes de bonne foi du MNLA « à se concerter avec elle en cette période cruciale que traverse l’Azawad », précisant qu’elle a décidé de libérer tous les prisonniers avec la garantie de la part des notables et hommes de savoir », selon son expression. Ensuite, la « qatiba » a mis en garde tous ceux « qui veulent exploiter ces évènements pour entrer la zone dans des conflits raciaux ou collaborer avec des forces étrangères », affirmant qu’elle « ne restera pas les bras croisés et qu’elle traitera tout cas avec la fermeté requise par la charia».















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