Sénégal/USA: tension diplomatique sur fond de corruption


saharamedia
Samedi 29 Mai 2010



 

Le président du Sénégal, maître Abdoulaye Wade, a vigoureusement réagi contre ce qu'il a qualifié "d'accusations de corruption" à l'encontre de son gouvernement, vendredi 28 mai,  à l'occasion d'une audience accordée à l'ambassadeur des Etats d'Amérique (USA) à Dakar, Mme Marciat Bernicat, rapporte samedi le site d'informations en Ouestaf.com. "Je suis affligé par les propos que j'entend toujours au sujet de la corruption. C'est une chose que je ne peux pas accepter" a lancé le président sénégalais à la figure du diplomate américain.

 

La scène retransmise par la Radio Télévision du Sénégal (RTS)- organe de l'état, montrait un président visiblement agacé.

A l'origine de la vive colère de maître Abdoulaye Wade, une lettre largement reprise et commentée par la presse sénégalaise du vendredi,  invitant les autorités "à lutter contre la corruption pour assurer la prospérité et la stabilité" du pays.

Un document aux termes nets, précis et sans équivoque "la corruption, voire même, la perception de la corruption, ainsi que les politiques exécutées de facon inéficace, peuvent facilement ruiner les efforts de développement, détourner les fonds des services de santé, d'éducation et d'autres services vitaux de la communauté, portant préjudice à ceux qui en ont le plus besoin" peut-on lire sur le document.

Cette mise point, dans le genre salé, est faite dans la perspective d'un gros financement américain  (288 milliards de francs CFA) dans le cadre du Millenium Challenge Corporation (MCC), consenti au Sénégal, pour des projets d'infrastructures.

Dans sa réponse au président Wade, l'ambassadeur américain a rappelé  toute son "admiration" et son "respect" pour le Sénégal. Mme Bernicat a précisé au passage que le document à l'origine de l'ire de Abdoulaye Wade vient du département d'état. Une lettre dont elle aurait  volontairement "altéré" certains termes encore plus "durs".

Depuis quelques années, la presse privée sénégalaise, avec une liberté de ton unanimement reconnue, évoque régulièrement des scandales de corruption et de détournements portant sur plusieurs dizaines et parfois des centaines de milliards, écornant au passage l'image d'un "petit" pays, souvent admis à jouer dans la cour des grands du fait de la qualité de ses ressources humaines.

 















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