Table ronde


saharamedia
Mardi 22 Juin 2010



Table ronde

L'éditorial de Biladi n° 532

Aujourd’hui s’ouvre à Bruxelles, la capitale de l’Europe, la fameuse table ronde des bailleurs de fonds de la Mauritanie. Un conclave tant attendu et redouté. Le chef du gouvernement, un ancien habitant de la capitale belge, est parti, dimanche 20 juin, à la tête d’une ‘‘importante” délégation où se côtoient les membres du gouvernement, des parlementaires de la majorité ou assimilés, des représentants d’une certaine société civile, des hommes d’affaires, beaucoup de journalistes… On parle de plus de soixante personnes qui voyagent, à cette occasion, sur les frais de l’Etat. Le financement de cette réunion, qui dure deux jours, est assuré par le Gouvernement mauritanien et la Commission européenne. Que pourrait-on attendre de ce grand rendez-vous ? Tout et rien !

Il est vrai que cette réunion est parrainée, du moins officiellement, par l’Union Européenne, présidée actuellement par un pays ami de la Mauritanie : l’Espagne dont le mandat à la tête de l’UE expire à la fin de ce mois. Mais il ne faut jamais oublier que les services techniques de l’UE avaient conseillé à la Mauritanie de prendre tout le temps pour bien préparer cette réunion et avaient même proposé, pour cela, d’en reculer l’échéance jusqu’à l’année prochaine. D’autant plus que l’Europe, par les temps qui courent, manque vraiment de ressources financières. Et est elle-même bouleversée par les crises économiques que connaissent presque tous ses pays. Cela explique un peu que la liste des intervenants de la table ronde n’a toujours pas été dressée. Jusqu’à hier, lundi 21 juin, on pouvait lire cette phrase sur le lien dédié à cet effet sur le site de l’UE : “la liste des intervenants sera disponible sous peu”. Deux semaines après la création de ce lien, cette liste n’a toujours pas été portée sur la page qui lui est réservée.

Certains observateurs estiment que les amis européens du pouvoir de la ‘‘rectification’’ avaient forcé la main à l’administration de l’UE pour accompagner la Mauritanie. Et ce qu’elle donne effectivement l’impression de faire, mais de manière nonchalante…

En dépit de ces points négatifs, le gouvernement mauritanien, en dèche, a donc accepté de courir ce risque. Il espère, au moins, pouvoir mobiliser les montants que les bailleurs avaient promis de donner à la Mauritanie à l’issue du groupe consultatif en 2007, à Paris.

Une ambition qui, même si elle arrive à se réaliser, n’aura peut être pas un grand effet sur la situation générale du pays marquée toujours par un retour particulièrement “chaotique” de l’ordre constitutionnel. Quels que soient l’aide et le soutien extérieurs, la solution qui permettrait la sortie de la crise passe d’abord par la normalisation de la vie politique nationale, à travers l’enclenchement d’un dialogue sincère entre le pouvoir et l’opposition.

 















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