Tentative de coup d’Etat au Niger et arrestation de dizaines d’opposants


Saharamedias+AFP
Dimanche 25 Mai 2014


Le ministre nigérien de l'Intérieur, a annoncé qu’une quarantaine d'opposants nigériens, proches du président du Parlement Hama Amadou, ont été arrêtés parce qu'ils préparaient "un putsch militaire",


Tentative de coup d’Etat au Niger et arrestation de dizaines d’opposants
"Cela fait des mois qu'ils appelaient à la violence. Notre action s'inscrit contre des gens dont l'objectif est de mettre fin aux institutions démocratiques", a affirmé Hassoumi Massaoudou, ajoutant que certains des interpellés avaient été pris "la main dans le sac", des cocktails Molotov en leur possession.
"Aujourd'hui, nous en sommes à une quarantaine de personnes arrêtées. Toutes sont du Moden", le Mouvement démocratique nigérien, parti de l'actuel président du Parlement, Hama Amadou, ancien membre de la majorité passé dans l'opposition en août 2013, a indiqué M. Massaoudou, interrogé samedi par l'AFP.
Selon ses partisans, M. Amadou est le principal rival du chef de l'Etat Mahamadou Issoufou pour la présidentielle de 2016. L'interpellation de son entourage semble préparer une crise politique majeure au Niger, pays abonné aux coups d'Etat depuis plusieurs décennies.
Ismaël Hama Amadou, le fils aîné du président du Parlement, l'ex-ministre de la Santé Soumana Sanda ainsi que l'ex-maire de Niamey Oumarou Dogari, limogé par décret pris en conseil des ministres, ont été interpellés mercredi.
Le Moden a également annoncé les arrestations vendredi et samedi de Moussa Moukaïla, le directeur de cabinet adjoint de Hama Amadou et du colonel de l'armée à retraite, Abdourahamane Saïdou, l'un des dirigeants du parti.
"Tous ceux qui ont été arrêtés ont des liens avec une tentative préméditée de créer une campagne de terreur devant aboutir dans leur esprit à un putsch militaire", a tonné Hassoumi Massaoudou, ajoutant que "l'enquête continue".
Les militants ont été arrêtés dans le cadre des investigations sur une fusillade contre le domicile d'un député proche du pouvoir et de l'attaque au cocktail Molotov du siège du parti au pouvoir cette semaine, a-t-il confirmé. Certains ont été capturés avec "des coupe-coupes", des "cocktails Molotov" ou encore "des bidons d'essence" alors qu'ils tentaient "d'incendier des édifices publics", a-t-il accusé.
D'après la police, trois hommes circulant à moto ont mitraillé dans la nuit de lundi à mardi la façade du domicile de Mohamed Ben Omar, quatrième vice-président du Parlement et membre de la coalition au pouvoir. Trois personnes ont été blessées jeudi, dont une gravement, dans une attaque au cocktail Molotov contre le siège du parti au pouvoir à Niamey.
Deux des auteurs présumés de cette dernière attaque ont été arrêtés et "deux autres complices sont recherchés", a précisé le ministre, qui établit par ailleurs un "lien" entre ces incidents et la violente manifestation d'étudiants en début de semaine à Niamey, qui a occasionné des blessés et d'importants dégâts.
 
Quelque "72 étudiants" ont été arrêtés et écroués, notamment pour les chefs "d'attroupements armés, violences sur les forces de l'ordre, et destructions de biens publics et privés", a-t-il fait savoir.
Hassoumi Massaoudou, un proche du président Issoufou, a confirmé la fermeture vendredi, pour "des raisons de sécurité", des bureaux de l'hebdomadaire privé nigérien Le Courrier, très critique envers le pouvoir, et ceux de deux syndicats et d'une organisation de la société civile, situés dans un même bâtiment de la capitale.
"C'est de ces endroits-là que sont parties certaines agressions contre des édifices publics et c'est un nid de préparations d'attentats par des militants du Moden", a-t-il justifié.
M. Massaoudou a aussi annoncé "l'interdiction pour des raisons d'ordre public" de la marche que projetait l'opposition dimanche contre le chef de l'Etat, qu'elle accuse de vouloir "imposer une dictature" dans le pays.
Lors d'une conférence de presse vendredi, le chef de file de l'opposition nigérienne, Seïni Oumarou, avait rejeté "l'implication de l'opposition" dans les tirs d'armes à feu contre le domicile du député, décriant la "paranoïa" du pouvoir.
Ali Gaza Gaza, le secrétaire général du Moden, avait dénoncé mercredi "une chasse aux sorcières dans les rangs du Moden" dont l'objectif est de "mettre fin à l'existence du parti".














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