Tombouctou : Les habitants inquiétés par une intervention imminente de la CEDEAO


Sahara medias - Tombouctou
Samedi 8 Septembre 2012



Principale avenue de Tombouctou
Principale avenue de Tombouctou
Les habitants de Tombouctou et ceux des principales villes du nord Mali vivent une sorte de peur dans l’expectative d’une intervention, jugée imminente, de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour libérer ces cités de la prise des groupes islamistes armés.
La dernière des informations est cette demande officielle présentée par le président de la transition, Dioncounda Traoré, à Alassane Ouatara, président de Cote d’Ivoire, qui assure la présidence tournante de la CEDEAO, pour solliciter l’appui de cette communauté à l’effort de réunification du Mali.
Ce qui a provoqué une ambiance de vive inquiétude dans la ville de Tombouctou, après le calme précaire qui a régné sur la cité historique durant ces derniers jours suite à son contrôle par Ançar Eddine.
Binto Yatéra est femme au foyer et mère de six enfants et fait partie de ceux qui vivent une situation de psychose due à l’imminence de cette guerre que les médias évoquent de plus en plus comme très proche. Elle a déclaré « éprouvé des difficultés à dormir la nuit de peur de se réveiller sur des attaques de la CEDEAO », selon son expression, ajoutant : « il y a une scène que je n’arrive pas à sortir de ma tête, être assise entre mes enfants et mon mari et voir un obus tomber sur notre maison et nous tuer ».  
Binto Yatéra et sa pauvre famille font partie de ceux qui ont raté l’occasion de fuir la zone en conflit dès la première occasion. Elle a justifié sa peur par le fait, dit-elle, qu’elle est sûre que les forces de la CEDEAO « ne seront composées que par des volontaires issus des bandits assoiffés de sang et qui ne feront pas de distinction entre les fils d’un pays avec lequel ils n’ont aucune attache », selon son expression.
En face d’elle, se tient son mari, avec une inquiétude qui se lit également sur le visage et qui dit : « si au moins j’avais un moyen de transport ou des ressources financières pour prendre ma famille aux camps de réfugiés maliens en Mauritanie où il y a la sécurité », avant d’ajouter : « j’ai entendu dire que le soutien humanitaire dans les camps de réfugiés en Mauritanie est meilleur que celui qui existe dans les camps de réfugiés au Burkina Faso.
D’un autre côté, il y a ceux qui, comme Amadou Diko, refusent, de manière systématique, l’intervention de la CEDEAO et préfèrent que ce soit l’armée malienne qui reprenne les choses en main. Mohamed Ahmed Ag Ibrahim, qui est de cet avis, indique que les militaires de la CEDEAO ne connaissent pas les populations et risquent fort pour cette raison de maltraiter les populations et qui ne sauront pas distinguer entre le citoyen ordinaire et celui qui prête allégeance aux groupes armés islamistes. 
 














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