Vers un assainissement du secteur pharmaceutique en Mauritanie


saharamedia
Mardi 25 Mai 2010



Vers un assainissement du secteur pharmaceutique en Mauritanie

Les autorités mauritaniennes entendent procéder à  l‘assainissement du secteur pharmaceutique. C’est dans ce cadre qu’a été organisée une revue de validation des politiques nationales de pharmacie dans le pays. Celle-ci a permis  de discuter les questions relatives aux problématiques des médicaments en Mauritanie.

Les autorités mauritaniennes avaient en janvier dernier décidé d’exonérer dans la cadre de la nouvelle loi des finances 2010 les produits médicaments et produits pharmaceutiques pour alléger les charges sur les citoyens.

Cette mesure applicable aussi pour le secteur privé est accompagnée par une diminution sensible des produits vendus dans les formations sanitaires publiques de 20%.Ces structures de santé sont ravitaillées par la centrale d’achat des médicaments et des consommables médicaux (CAMEC), détenue entièrement par l’Etat dans le cadre de l’initiative de Bamako.

Ces mesures auxquelles s’ajoute la création d’un laboratoire de contrôle de qualité de médicament sont en mesure de remédier à la situation anarchique de ce secteur en rapport avec la vie des citoyens mauritaniens.

Le marché mauritanien est submergé des produits pharmaceutiques et cosmétiques venant de divers pays comme l’Inde, la Syrie, ou l’Espagne.

Le secteur de la santé mauritanien est globalement jugé peu performant d’où l’afflux des milliers de malades vers le Sénégal et le Maroc à la recherche des soins de qualité.

Le Dr Hamoud Ould Vadel, directeur de la pharmacie et des laboratoires, a expliqué que l’atelier de validation des politiques nationales de pharmacie dans le pays entre dans le cadre de la revue organisée tous les dix ans, précisant que la dernière en date revient au mois d‘avril 1998.

Il a ajouté que plusieurs objectifs visés ont été atteints comme la création d‘une Centrale d‘approvisionnement en médicaments et consommables, d‘un laboratoire de contrôle de la qualité des médicaments et la révision de la législation relative aux médicaments

Il est de notoriété publique que rien qu’à Nouakchott, un nombre important de points de vente sont ouverts et fonctionnent sans la responsabilité technique prévu par la loi, et parfois sans autorisation ! Et ce, malgré les engagements répétés des autorités d’y mettre un terme.

Dopés par l’impunité dont le secteur est le théâtre depuis plus de quinze ans, certains propriétaires de pharmacie sont passés à la vitesse supérieure en ajoutant à leur « carte de visite » l’exercice illégal de la médecine dans les locaux mêmes de leurs pharmacies.

Pratiques déloyales

Ils offrent la consultation, expresse, gratuite au patient-client qui accepte, en contrepartie, d’acheter sur place les médicaments prescrits par l’infirmier de service.

Il s’agit là d’un exercice illégal et de la profession de médecin et de pharmacien, de nature à compromettre les intérêts de la santé publique.

La libéralisation de l’exercice de la profession de pharmacien est ainsi réduite à la liberté de vendre des médicaments, en usant à l’occasion de tous les stratagèmes pour abuser des populations, dont on prétend vouloir alléger les souffrances.

Si on peut comprendre que peu de pharmaciens soient actionnaires ou propriétaires d’établissements d’importation, compte tenu des moyens financiers que cela suppose, on ne peut que regretter que, très souvent, les pharmaciens responsables prévus par les textes soient confinés dans des rôles subalternes.

Sur une centaine de pharmacies pour la ville de Nouakchott, à peine 20 appartiennent à des pharmaciens, les autres étant détenues par des particuliers dont certains, bravant les injonctions de l’administration, fonctionnent dans l’illégalité. Le petit nombre de pharmaciens propriétaires s’explique par la concurrence déloyale de grossistes propriétaires de pharmacies, qui en ont poussé plus d’un vers la sortie et dissuade les autres de s’y aventurer.

Ces derniers contournent ainsi la loi, qui leur interdit de vendre au détail, et, cumulant les marges de grossiste et de détaillant. Ils cassent les prix et faussent toute concurrence.

Approvisionnant en priorité leurs pharmacies, ces grossistes mafieux rationnent et privent parfois les pharmacies qui ne leur sont pas affiliées, qui se trouvent contraintes à rechercher d’autres sources d’approvisionnement, y compris informelles. Ces pratiques déloyales expliquent largement les raisons de l’expansion fulgurante du marché parallèle.Plusieurs acteurs interviennent dans la chaîne d’importation, de conservation et de distribution des médicaments. C’est ce qui explique, entre autres raisons, la prolifération des pharmacies officines et dépôts pharmaceutiques.

Afin de contribuer au développement du secteur, de combler le déficit en médecins, pharmaciens, résorber une partie du chômage et améliorer l’accès à des médicaments de qualité et à moindre coût, des opérateurs nationaux ont pris l’initiative d’injecter des fonds et recruter du personnel local, dont le niveau lui permet d'assumer la responsabilité en question, bien entendu sous l'encadrement d'un pharmacien. Ces mêmes investisseurs nationaux ont mis en place un système qui a permis à l’offre de couvrir une bonne partie du territoire national.

En définitive, le développement du secteur pharmaceutique en Mauritanie, passera nécessairement par une mobilisation des efforts de l’État, des pharmaciens et des opérateurs privés. C’est seulement à cette condition que ce secteur ainsi qu’une industrie pharmaceutique de qualité pourra émerger, dans le but espéré d’éviter des importations de médicaments à la qualité douteuse, à l'origine d'un grand amalgame dans ce domaine, et surtout, d’un danger certain pour la population.















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