“ Visitation ”


saharamedia
Mercredi 16 Juin 2010



L'éditorial du quotidien "Biladi" n° 529

Une nouvelle fois, le président de la République s’est rendu dans les locaux de l’un des départements ministériels, en l’occurrence le ministère du pétrole. Officiellement, il y est allé pour s’informer sur le déroulement du travail sur place et pour donner ses instructions “précieuses” aux fonctionnaires.

 

A priori, rien à dire : un président soucieux de suivre personnellement, et aux détails, le fonctionnement de l’Etat dont il a en charge la direction des affaires. Dans la réalité, cette manière de faire pousse à s’interroger sur le rôle du premier ministre, des ministres, de leurs collaborateurs. En principe, tout ce monde ne doit avoir qu’une tâche : faire remonter jusqu’au président toutes les informations dont ils disposent. Alors pourquoi, le cas échéant, le président Aziz prend la peine de se déplacer, avec ses gardes de corps, leurs sirènes et tout un grand tintamarre, au lieu de se contenter de ce que lui rapportent ces collaborateurs ?

Pas plus tard qu’avant-hier, le président Aziz était allé visiter le ministère du pétrole. Il n’y a pas eu une révolution dans le secteur. Selon les organes de la presse publique, le président avait axé son intervention devant le personnel sur la nécessité de presser les sociétés détentrices de permis d’exploitation de faire leur boulot à temps. Pas vraiment de quoi à mettre en branle toute la République. Le président est le premier à savoir cela, mais il a certainement ses propres raisons et objectifs.

Il se peut qu’il n’ait pas confiance dans ses collaborateurs à tel point qu’il ne leur laisse pas de boulot. Il y a également la conception toute particulière de Aziz de ce que doit faire un président : fouiller dans les sous vêtements de chaque fonctionnaire dont chacun d’eux est d’office coupable et doit être traité en tant que tel.

Il y a enfin ce besoin de donner l’impression à l’opinion que le président veille au grain, qu’il a les oreilles longues comme tout gouvernement mais qu’il a également les yeux rivés sur le monde de l’administration. Une approche, certes populiste, mais qui est souvent payante. N’est-ce pas?

 















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