Voilà pourquoi la société civile n’avance pas


saharamedia
Mardi 10 Janvier 2012



                                  Voilà pourquoi la société civile n’avance pas

Contrairement à son évolution à l’échelle sous régionale, la société civile et précisément les ONG Nationales, objet de notre propos, n’ont pas évolué et ce pour les raisons suivantes :

 

 

- La société civile nationale, je veux parler particulièrement des ONG et Associations, n’ont jamais eu confiance en elles. En fait, les ONG Nationales, dans leur immense majorité, n’ont pas choisi la bonne voie puisqu’elles ont privilégié la cavale seule et la routine comme si elles se suffisaient de si peu au profit de populations démunies et d’un milieu en demande croissante pour faire face à une dégradation continuelle.

Pourtant, plus elles sont solidaires, plus elles sont dynamiques et performantes, plus les ONG pourraient tirer profit d’assistance et d’appui conséquents de la part des partenaires. En conséquence, c’est l’unité et non le clivage qui est profitable, cela est prouvé aujourd’hui à l’échelle mondiale. Des leçons à tirer.

- Les institutions étatiques la négligent, les tutelles en particulier. Et singulièrement l’Etat lui-même qui, à ce jour, pas dégagé ici une représentation claire d’une politique en faveur de son éclosion. Bien au contraire, le cyber forum, la plateforme et les réseaux sont vus par la majorité des ONG Nationales comme les structures ayant contribué au massacre de cette société.

Pas d’appui, pas d’arbitrage conséquent en son sein, ni face aux partenaires qui choisissent le camp des voies étatiques souvent obscures puisque entachées de clientélisme et autres tares que nous taisons ici par décence. Observons, à titre d’exemple, le projet de loi de la société civile en souffrance depuis plus de deux ans et l’occultisme à propos de la loi environnementale qui aurait pu offrir des opportunités de contribution positive au profit des populations et des générations futures dans un contexte où le silence semble préférable face à la destruction de pans entiers de notre milieu. Ailleurs, les populations, via les ONG et les différentes structures, s’y opposeraient et auraient, en principe, gain de cause. Mais ici, silence, on mange !

- Les partenaires au développement ne lui octroient généralement qu’un appui parcimonieux, au prix d’une injuste concurrence inégale, à l’échelle nationale et parfois régionale où les grosses pointures, les ONG Internationales, rodées au système bien souvent taillé à l’avance sur mesure, le remportent naturellement au détriment d’ONG rachitiques mais combien ambitieuses. Alors pourraient-elles un jour tirer les leçons des échecs répétés pour des raisons qu’elles ignoreront probablement pour toujours. Normal quand on sait qu’il n’y a pas une réelle volonté de former et de guider les pas de ces structures balbutiantes et fragiles continuellement aux aguets devant des offres aussi complexes les unes que les autres.

- Une aberration constante : comment voulez-vous que des coopératives ou des ONG démunies mais pleines de volonté et d’énergie puissent élaborer des études sur la base d’appels d’offres destinés aux experts polyvalents expérimentés et performants pour plaidoyer afin d’arracher, au prix de mille gymnastiques intellectuelles et de attentes interminables, des subsides à peine suffisantes pour nourrir une fourmilière ? Cela pour les partenaires pour ne pas parler des cadres étatiques qui, de toute façon, seraient insensibles à de tels langages !

Je sais que certains comprennent bien ce que je dis mais ils n’en ont cure, pourvu qu’ils continuent à se la couler douce en toute tranquillité…

- Les partis politiques devraient prendre en compte le dynamisme de ces structures sociales qui ne sont ni concurrentes ni déloyales. Au contraire, elles ont montré, à maintes reprises, leur indépendance et leur impartialité, et notamment lors des scrutins en tant qu’observatrices et sensibilisatrices sur les modes des scrutins ou l’ancrage des droits et devoirs citoyens.

- Les médias n’ont pas jusqu’ici accordé grande importance à la société civile tant au niveau de la TV, la radio qu’au niveau de la presse écrite.

Or on s’attendait à plus de tables rondes, de revues documentaires et de couvertures événementielles.

Car c’est cela qui participera à la transparence et au renforcement de cette société civile qui, par son indépendance, est perçue comme la plus proche du champ des médias qui participent de cette manière au développement, loin de l’esprit des partis pris et des intérêts opportuns.

Peut-on conclure ainsi sans dire que cette situation injuste et inacceptable ne peut perdurer au risque de condamner les ONG Nationales soit à l’extinction, soit à l’émergence de structures parasites au profit de ceux qui en tirent des privilèges mesquins immédiats, comme qui dirait qu’il faudrait tuer la poule aux œufs d’or.

 

 

                                                                                                          BOUMOUZOUNA

 

 

 















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