
Enfin, c’est au coucher du soleil lundi soir que les participants ont pu accéder à la cour du palais du Mokhtar Ould Daddah, après une longue attente pour assister à un évènement de taille : la première édition du Salon international du livre de Nouakchott.
Côté ouest du palais, des dizaines de personnes affluent, seules ou en groupes vers l’espace réservé au salon.

Des mères accompagnées de leurs enfants, des étudiants portant de petits sacs presque vides destinés à faire leurs achats parmi les « étagères du désert », et des médias locaux et internationaux, prêts à couvrir un événement inhabituel à Nouakchott.

Entre plus de quatre-vingts maisons d’édition nationales et internationales, les visiteurs, acheteurs potentiels ou simples curieux, déambulaient, attirés par cet événement exceptionnel, auquel assistait le corps diplomatique de différents pays arabes, accompagnant le ministre de la Culture dans sa visite des stands.
« C’est la première fois que je viens à un salon du livre, et je suis franchement impressionnée. Je ne savais pas que Nouakchott pouvait organiser un événement de cette envergure. Je suis une grande amatrice de lecture et de livres papier », déclare la visiteuse Zeinebou Mohamed à Sahara Media.

Dans sa déclaration, celle-ci indique qu’elle n’a « pas trouvé de livre correspondant à ses goûts littéraires après avoir fait le tour de plusieurs stands, promettant cependant de revenir plus tard dans l’espoir de découvrir les livres de son goût. ».
De son côté, l’étudiant d’une Mahadra, Mohamed Lehbib a déclaré que « l’organisation du salon était au niveau et qu’il a pu acquérir des livres qu’il avait longtemps cherchés ».
Il a souligné que le salon lui permettait, ainsi qu’aux autres étudiants, de partager leurs opinions et de participer à des discussions riches et importantes dans ce salon marqué par l’accessibilité de ses prix à toutes les bourses, selon lui.
Une grande affluence
Les habitants de la capitale ont témoigné à cet événement, le premier du genre à Nouakchott, un intérêt particulier par une présence particulièrement importante, marquée par diverses tables rondes et discussions entre écrivains, poètes et journalistes.
Parmi les participants à ce salon la maison d’édition et de distribution jordanienne Dar Al-Kitab Al-Thaqafi, qui a exposé plusieurs de ses publications.
Son représentant, Mohamed, estime que l’affluence lors de la première journée est à la hauteur de l’événement avant d’ajouter à Sahara Media qu’il était heureux d’avoir pris part à cet évènement une édition exceptionnelle, la première, qui se caractérise par sa diversité et son affluence.
Pour sa part, l’égyptien Mohamed Al-Absi qui effectuait sa première visite en Mauritanie, habitué à de tels évènement de par le monde, a ajouté dans une déclaration à Sahara Media que le succès du Salon du livre de Nouakchott se mesurera à l’affluence et à l’intérêt qu’il suscitera au cours des prochains jours, estimant qu’une évaluation au premier jour est prématurée.
Selon l’éditeur mauritanien Mohameden Ould Mohamed El Kory, qui a participé avec des publications spécifiquement consacrées à « Chenaguita » l’affluence a dépassé les prévisions.
Il a indiqué qu’il ne s’attendait pas à voir autant de monde dès les premiers jours du salon qui sera un succès si la fréquentation restait la même dans les jours à venir.
Un programme culturel varié
Le salon s’accompagne d’un programme scientifique et culturel varié comprenant des colloques et des conférences animés par une élite de penseurs, d’écrivains et de personnalités culturelles, consacrés à des questions liées à la pensée, à la création et à l’édition, ainsi que des séances de dédicace de plusieurs nouvelles publications, selon l’annonce du ministère de la Culture et des Arts.

Au cours du salon, le jeune poète mauritanien Ama Ali Haab signera son dernier recueil, « Je t’ai choisie depuis un balcon qui ne donne pas sur une rue », et soulignera la nécessité d’organiser ce type d’événements de manière régulière et continue.
Il a déclaré que la capitale Nouakchott avait fortement besoin de ce salon, un rendez-vous culturel, mais que les livres exposés lors de la première journée ne retiendraient peut-être pas l’attention de l’élite culturelle.
Il a ajouté que les livres exposés sont des éditions spéciales des maisons d’éditions soulignant le désordre qui a marqué l’organisation en général, estimant que le salon pourrait sans aucun doute redynamiser la scène culturelle.
Dans le même temps, le ministère de la Culture a annoncé que la deuxième journée du salon serait ponctuée de conférences sur l’histoire de l’industrie du livre dans la civilisation islamique, le livre papier et les défis de la révolution numérique, ainsi que l’écriture féminine privée et méthodologique.

Tableaux artistiques
Le Salon international du livre de Nouakchott a été baptisé « Les étagères du désert » par le ministère de la Culture, qui a consacré un pavillon aux femmes artistes plasticiennes afin d’exposer des tableaux évoquant tout particulièrement le patrimoine mauritanien.
Selon l’artiste plasticienne Mouna Deff, le pavillon présentait des tableaux mettant en valeur la culture mauritanienne, la force des femmes, les instruments de musique et même les ressources naturelles du pays.
Mouna a déclaré que de nombreux diplomates étrangers ont été impressionnés par la culture mauritanienne et ont pu en découvrir certains secrets à travers les tableaux exposés.

L’exposition se tiendra jusqu’au 26 octobre 2025, sous le patronage du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et sous la supervision directe du ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement.





